19-02-2017

Méditations bercées

 

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Le bambou, dont la tige est élancée et les feuilles acérées sont proches des traits de calligraphie. Les sens symboliques qu’il suscite sont multiples.

Quels-sont-ils ? D’abord la droiture et l’élévation, à l’image de cette plante qui s’élance tout droit comme un jet. Un jet toujours vert …l’islam demeure toujours vert. Puis l’idée d’un perpétuel dépassement de soi. En effet, en sa croissance, le bambou ne pousse pas sur une simple ligne continue; il est formé d’une succession de sections, comme autant d’étapes de vie, ou autant de sauts qualitatifs par lesquels il cherche à se dépasser. Une autre vertu encore suggérée par un aspect spécifique du bambou : l’intérieur de celui-ci est creux, plus exactement, il est vide. Avoir le cœur vide signifie, avoir un cœur habité de vacuité, c’est-à- dire un cœur dénué de vanité et de suffisance. La vertu en question, n’est autre que l’humilité. 

A-t-on épuisé là les vertus incarnées par le bambou ? 

On sait que la tige de bambou porte en son extrémité de longues feuilles fines et mobiles. Lorsque passe une brise, elles produisent des sons susurrants et mélodieux. Le sommet du bambou rayonne ainsi d’une qualité : la grâce du recueillement. 

Les étapes de l’élévation du bambou : 

Le bambou va accéder à diverses station, tels l’éveil, le repentir, la méditation ou encore le rappel. Puis au deuxième degré, il vit, et goûte à la tristesse, la crainte et en s’élevant encore trouve les stations de l’auto-évaluation, de la sincérité, de la confiance. Plus haut encore, il y a la patience et la persévérance, la satisfaction, le remerciement, la pudeur, la sincérité, l’humilité. 

Ensuite, une série de stations sont liées à la volonté, la certitude, la pauvreté en Lui, puis à la sagesse, le savoir, le discernement, l’inspiration, la paix. Aux degrés supérieurs, on trouve la soif, le désir spirituel, l’amour et enfin la pureté, la joie, le secret. Aux niveaux les plus élevés,  le bambou est témoin du témoignage, et il expérimente la contraction, l’épanchement-effusion, l’ivresse spirituelle, le lien et la séparation. 

Ici, il atteint les vérités, pour enfin accéder à l’étape ultime, où se vit l’extinction … la libération de son être. Bercé en son sommet, le bambou à purifié son cœur et à trouvé la paix , la félicité et l’amour. 

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08-01-2017

Cavalier seul

 

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Toute quête chevaleresque a un triple objet : action, amour et connaissance. 

« Je suis obligé, suivant l’ordre de la chevalerie errante, où j’ai fait profession, de vivre toujours en alerte et d’être, sentinelle de moi-même. »   (Don Quichotte )

Cavaliers … ceux qui avancent dans le Réel. Ces derniers sont le plus souvent seuls. La foule ne les écoutent pas, se moque d’eux, leur jette des pierres. Devant eux il y a que l’interminable plaine ou l’immense océan. Celui qui aime n’est jamais seul. Même s’il est renié de tous. Il arpente le désert à la marche comme si c’était un jardin fleuri. 

-Je t’enlèverai, te conduirai au désert, et là, je parlerai à ton cœur, nuit et jour…Ici, il n’y a plus rien, plus que Lui, Il est Tout, il suffit et c’est de Lui seul qu’on vit. On le trouve partout, à la lessive comme à l’oraison. 

Fais connaître la Réalité au faucon de ton âme, rend le digne d’approcher la main du Roi. Afin que lorsque le tambour du retour retentira, du désir ardent qu’il lui inspire il prenne son essor. Quand il aura perdu cœur et âme, il viendra alors se poser sur le poignet du Roi. Mais tant que la tête du faucon est couverte du chaperon comment serait-il digne de la main du Souverain. Quand il se sera initié à la voie et lorsqu’il sera devenu voyant, par la main du Roi son cœur sera vivifié. Le faucon qui aura reçu la distinction découvrira ce qui jusqu’alors l’empêchait d’avancer. Mais si ton faucon s’attarde ici, comment le Roi le rappelait-il auprès de Lui ? Si par contre tu élèves ton faucon dans la dignité, avec dignité, il atteindra la main du Roi. Sinon le Roi lui-même lui donnera sa réponse, quel regret éprouveras-tu alors des paroles du Roi. 

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04-09-2016

L’homme qui marche : Le voyage spirituel

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Il marche. Sans arrêt il marche. Un homme qui marche bien au-delà de la tombée du jour. Sans cesse en mouvement, il va tête nue. Le vent, l’injure, il reçoit tout de face.

Quelque chose avant même sa venue sur terre le presse à la marche. Quelque chose se souvient en lui. La beauté sur terre lui fait signe. La beauté du visible est faite de l’invisible et le souvenir s’intensifie par son corps en marche.  

 

À croire que vivre est comme une marche… 

Un pèlerinage… le pèlerinage, c’est se mettre en route pour atteindre le Bien-Aimé. 

Son esprit est légèrement absent, et ce rien d’absence est sa matière d’être attentif à tout. 

Ceux qui emboîtent le pas et croient que l’on peut demeurer éternellement à vif dans la clarté de l’Amour, sans jamais perdre le souffle. Ceux-là, leurs paroles sont considérées comme démentes et cependant que valent d’autres paroles. 

Quand nos jambes seront fatiguées,marchons avec la force qui vit dans notre cœur. Quand notre cœur sera fatigué, avançons avec la force de la Foi.

Je dois être capable de m’accepter comme je suis. Une personne qui marche.  

Le soufisme est aussi appelé l’école de « Sayr u Suluk », terme qu’on utilise très souvent en poésie soufie. Les deux mots « sayr » et « suluk », bien qu’utilisés ensemble, ont chacun leur propre signification : 

Sayr désigne la purification intérieure et comprend les différentes étapes de l’évolution spirituelle. Il se rapporte de la relation avec Dieu, relation dont la qualité est le succès dépendent de la persévérance dans la remémoration de Dieu. Sayr est le voyage spirituel et concerne le domaine intérieur et individuel.

Suluk ou Solouk est un principe fondamental. Il désigne le comportement et la qualité des rapports avec les autres êtres humains et êtres vivants. 

Le Soufisme (Tasawwuf) est une forme d’éducation vers la maturité. Cette éducation est appelée « Sayr-u Suluk « : Sayr signifiant le parcours Suluk signifiant le voyage.

Durant ce périple, le voyageur passe de l’ignorance à la connaissance, des désirs négatifs à la bonté et à l’intégrité, de son propre être à Allah.

Shayr et Suluk, bien que désignant deux domaines différents, vont de pair, car en vérité, sayr et suluk sont deux ailes, toutes deux indispensables, qui rendent possible l’envol de l’être humain et on ne peut s’envoler avec une seule aile. 

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01-04-2016

L’homme montagne

 

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L’homme montagne se situe au – delà des différences ethniques et sociales.

Lorsque la compassion habite l’homme avec l’amour qui l’accompagne, cette tendresse ne cesse de se renouveler.

Tout procède par étapes. Chacune d’ elles doit se nourrir des aliments qui lui convient. 

On part d’une pierre pour faire une montagne. Par compassion, tout procède par étapes; le nourrisson ne saurait digérer autre chose que du lait, l’utilisation des aliments solides vient ensuite.

La montagne correspond à un centre exerçant spontanément autour de lui une bienfaisance. À la façon d’un soleil éclairant indistinctement les autres. 

Une différence fondamentale distingue le désert  de la montagne :  le désert se traverse… Et avant de le quitter, il n’est plus pour le nomade un lieu d’épreuves. Devenu jardin, tout s’est transformé en nourriture. Rassasiement pour le corps, l’âme, le cœur et l’esprit. Le nomade participe à cette mutation en passant de l’obscurité à la lumière. Il a pu souffrir de la soif. Désormais le voici abreuvé. Le désert correspond à une absence du monde extérieur. Dans le désert l’homme apprend à écouter intérieurement, au-delà des sons et des formes. Ainsi, pour le nomade, le désert devient un lieu d’éveil à la dimension divine. Dans le désert, on célèbre les <<noces>> entre les dimensions terrestre et spirituel.

L’expérience de la montagne se présente différemment : Le montagnard a fait l’escalade de la cime de sa dernière montée. Ayant basculé dans un abîme, il n’y a plus de retour…le montagnard va et vient au bord du précipice, il reste un visiteur en équilibre. Mais l’éveil qu’il éprouve à la montée, a eu pour effet de le faire absorber la lumière pointée. La lumière s’écoule désormais en lui. L’espace aérien plonge dans la voûte céleste. Il comporte des vents, nuages, pluies, neiges, tempêtes, orage et foudre, qui sont autant d’événements merveilleux que terrifiants.

« Les montagnes, rivières, la terre, les herbes, les arbres et les forêts sont toujours émanant une subtile, précieuse lumière, jour et nuit, toujours subtile, qui, montre son précieux exposer à toutes les personnes; la haute vérité . »

Cependant des correspondances étroites s’établissent entre la haute montagne et le désert. Tout d’abord leur nudité. Aucune verdure sur les rochers, ni de végétation dans les déserts de sable ou de pierre. Nulle marque n’évoque sur les rochers le passage des montagnards. Dans les déserts, les traces des nomades sont aussitôt effacées par le vent. Ce visiteur, souffle sur les sommets et dans les déserts. Ailé, tous les lieux lui sont accessibles. Le vent du désert et des hautes altitudes ne transporte aucune semence végétale. Il véhicule un germe d’éternité, dont la fonction sera de rendre muet. Brutale, la tempête pourrait renverser, faire dévier le montagnard, rendre sa démarche impossible. L’homme du désert peut se trouver aussi dans l’obligation de suspendre, son cheminement; il risque surtout de se perdre. Aucune habitation stable n’est possible sur un sommet ou dans un lieu désertique. La tente remplace la maison; elle se monte et s’enlève avec facilité. Le montagnard et le nomade se déplacent portant très peu de bagages susceptible de bloquer leur démarche. 

Lors de l’accès à la montagne intérieur,la nudité du désert accompagne l’escalade. La plénitude de la lumière relève à la fois du désert et de la montagne. L’obscurité d’un sommet très élevé n’apparaît pas différente de la nuit passée dans un désert. Intériorité, lumière et nuit sont vécues de façons diverses mais qui s’accouplent.

Porteuse de secrets jamais entièrement révélés, la montagne conserve dans ses flancs des éléments d’une inépuisable initiation à la beauté.

Apprendre à la regarder avec amour de l’Orient à l’Occident.

Les montagne enfantent des sources dans leurs entrailles. Ces divers ruissellements vont descendre le long des parois et entreprendre de très lointains voyages. D’un débit faible au départ, ils s’enrichiront durant leur périple. Avant de jaillir de la terre, les sources ont dû mener une existence souterraine…Et toute l’action de celui qui la découvre consiste à ne pas faire obstacle à sa fluidité. La stopper dans son parcours, suspendre sa course serait une terrible erreur. Il existe des regards secs et des regards humides, ceux- là sont animés par la source du dedans, ceux-là sont capable de distinguer dans les yeux, la qualité d’une source, pure ou polluée. Un regard contemplatif se laisse imprégner par la beauté, sans pour autant en être propriétaire. Aussitôt, le visible et l’invisible se mélangent. Il s’aiment et s’unissent. Les roches imprégnées deviennent comparables à des sources. Celles-ci s’écoulent en apaisant la soif des hommes altérés de beauté. L’homme s’émerveille devant la splendeur de la nature, la beauté l’habite; il la reçoit à la façon d’un vase se remplissant d’un liquide précieux.  En dehors du bruit des sources et des torrents, la montagne semble silencieuse. Cependant, certaines oreilles apparaissent susceptibles de percevoir son chant.

 

 Les épreuves de la montée… Au plus profond du dedans, il n’est plus de dedans ni dehors, mais, seul, l’Océan.

 

Ô Dieu ! Crée une lumière dans mon cœur, une lumière sur ma langue, une lumière dans ma vue, une lumière dans mon ouïe, une lumière à ma droite, une lumière à ma gauche, une lumière devant moi, une lumière derrière moi, une lumière au-dessus de moi, une lumière au-dessous de moi. Et accorde bénédictions et paix à celui que Tu as envoyé comme une lumière, ainsi qu’à sa famille et à tous ses Compagnons. 

 

 

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25-03-2016

L’appel de la foi

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Il n’y a de chemin vers Dieu que par Dieu et le cœur qui est stable ne peut l’être que part Dieu.
Mes deux pieds sont liés par l’appel de la foi, je ne peux pas voir un drapeau levé devant mes yeux si ce n’est celui du vert de l’Islam.
 
Voyagez, ô chevaux de Dieu, voyagez… sur les collines du cœur, lieu d’exil et colonie.
L’appel du voyage est fort, partir …escalader les plus hautes marches de son âme…cheminement vers Dieu.
Escaliers d’émeraude qui se dressent là-bas, dans les profondeurs de la lagune des secrets.
Que la nuit est profonde, au clair de lune !
Cette profondeur qui s’enfonce, à l’horizontale, jusqu’au lointain.
Tout est programmé pour l’exil et le voyage : l’homme, les animaux, les oiseaux, les poissons ! Les chemins terrestres et maritimes sont habités par des vents qui soufflent depuis l’aube des cœurs, les entraînant vers les voyages, et quand ils s’enflamment, ils déploient leurs ailes aux vents et s’élancent.
Des milliers de purs chevaux, qui passent les nuits dehors sur les murailles, tête baissée vers la terre avec humilité, ne tenant compte ni du temps ni des heures ! Et de temps à autre, tu les vois dans les nuits profondes se cabrer et tremper parfois leurs pattes dans les eaux de la lagune puis se prosterner dans les eaux de la vie à l’aube; leurs larmes envoient fraîcheur et paix sur le monde, ils tendent l’oreille en attendant l’appel à la prière ! Et parfois autour d’eux, des milliers d’oiseaux plongent vers les fonds de la lagune, à la recherche des escaliers d’émeraude.
Le verset Fuyez donc vers Dieu ( Adh-Dhariyat, 51:50 ), attire l’attention sur le voyage que le croyant fait dans son cœur et dans son esprit, une allusion à cette action du cœur, l’intellect spirituel.  
Ils Fuient … Ils cherchent à s’abriter en Dieu, en disant : << Je cherche refuge en Toi contre le mal de ce que j’ai fait.>> 
Il existe une forme de folie qu’on appelle l’attraction, 
qui est un triomphe sûr. 
Grâce à elle, les mystères de la folie parviennent de plus en plus haut. 
Débarrasse-toi de ton argile et voyage ! 
Ô chevaux de Dieu, galopez, galopez, galopez… !
Un écho enflammé frappait alors comme le tonnerre les plus hautes montagnes qui le renvoyaient vers les minarets sous forme de pluies printanières qui assouvissaient la soif des minarets et des dômes !
Puis les hennissements devançaient les meilleurs chevaux qui s’étaient élancés, à la manière des vents fertilisants qui se dirigent vers tous les continents du monde et relèvent les drapeaux de lumière et de paix.
« Quand l’ âme fut perdue, elle découvrit son existence véritable ;
Ensuite, l’ âme revint à elle- même.
Le lacet de l’ amour s’ entoura alors autour d’ elle.
L’ Amour lui fit boire un filtre fait de sa réalité,
Tous les autres attachements la quittèrent aussitôt.
Tel est les signe du commencement de l’ Amour :Mais quand à sa fin, nul encore n’ y a jamais atteint. » 
(Rûmî – Odes mystiques)

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06-03-2016

Lire…

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Iqra, lis ! 

J’ai recopié cette phrase de Rimbaud dans un cahier : 

« Les branches et la pluie se jettent à la croisée de la bibliothèque. »

Lire…

Visages sur lesquels glisse la vie, comme la pluie sur une vitre. 

Le chant des livres : le bruit que font les livres ouverts sous nos doigts : ils nous parle à voix basse. 

Se promener à travers autant de jardins que vous lisez de livres. De temps en temps, pour se reposer à l’ombre et d’autres fois pour faire des bouquets de lumières, même celles des orages.  

S’arrêter et cueillir …

Le lecteur retiendra de la fleur, la lenteur, ce long, déploiement de la beauté.

Une source verticale. 

Une flamme. 

Dérives infinies, ces promenades, ces lectures, ces lettres et ces éclats de toute beauté qui  restent, entre les pierres de fatigue. 

Lire…

C’est de la plus grande pauvreté de l’Amour que vient le luxe de ces phrases. C’est vers la simplicité de l’Orient de l’Amour, que s’avancent ces phrases si somptueuses.  C’est vers la fraîcheur de  l’Occident  de l’Amour que s’avancent ces phrases si insolemment vivifiante. 

Vers l’immensité des océans du regard. 

Lire… 

Sans froisser les feuillages de l’air, sans renverser le moindre silence. Doucement  tourner autour d’un oiseau – lumière, sans jamais le quitter des yeux, sans jamais conclure. 

Lire…

Combler ce désir d’une promenade infinie. 

 

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26-02-2016

La traversée de l’en-bas

 

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Les profondeurs …

C’est comme cette cendre brûlante et noire qui, au moment de l’éruption du volcan, couvre la ville, étouffe, engloutit tout. 

Où est le volcan ? 

À  l’entrée du souterrain, se tient la miséricorde. Il est écrit qu’ à la porte des jardins, se tient l’épée de feu qui empêche tout retour et qui éveille l’âme à la paix et l’esprit à la vérité… la petite flamme qui ne peut s’éteindre. 

 

« Car cette lumière-là est le cœur de mon cœur. La parole est dans le cœur et la langue n’est que le signe qui témoigne du cœur. Une lumière qui naît de par-delà tout horizon, de la chaleur infiniment discrète d’un amour qui aime au-delà de tout amour. »

 

Et qu’est-ce qui va réunir tous les humains ? 

La fréquentation de l’en-bas défait, sans pitié, les illusions de hauteur. 

L’humanité est division, déchirement, détresse; pas seulement, mais assez pour décourager tout survol. C’est sans doute dans le bas qu’on perçoit la seule unité possible des humains : par une lutte immense pour tirer l’humanité hors de ce qui la défait. 

C’est en traversant le souterrain du bas, que l’homme peut connaître sa grandeur. 

À chacun selon sa force et selon Sa Grâce. 

 

Serions-nous le sel de la terre ? 

 

Je m’enlise dans la vase des bas-fond.

Je suis entré dans les eaux profondes,

 Et le courant m’emporte. 

 

 

 

 

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10-02-2016

La mer intérieur

 

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Gravir pas à pas une montagne enneigée et en avoir les yeux brûlés par le Soleil.  

Ressentir une fraîcheur de brise et de rosée. 

 

 

L’audace de quitter le sol, de grimper le long d’un arbuste, de monter à la verticale d’un mur …

La mer n’est pas moins belle à non yeux parce que nous savons que parfois des bateaux sombrent. 

Le voyage intérieur, possède des étapes de périls, de mouvements, de rencontres. 

 

Dans le monde extérieur, les eaux d’en bas sont les mers; au-dedans de l’homme; le sel de leurs eaux est le feu des <<Eaux d’en haut>> . 

La mer intérieure sur laquelle le bateau s’engage est un  chemin tracé de beauté. 

Le navire, le « moi », bâtiment de son être, qui abrite la « fuite ».

Fuir son ego …

Descendre au plus profond de la cale de cette cachette et là est la Source, la source du Fleuve, où l’homme plonge au plus profond de lui-même.

Il est sain et nécessaire pour nous de retourner à l’Océan et à la contemplation de ses beautés, pour connaître l’émerveillement et l’humilité.

 

Sache donc épargner à ton cœur d’être abandonné tel un désert aride et stérile où l’on ne peut même pas repérer les points cardinaux pour parvenir à la vérité. 

Cherche la mer intérieur. 

Des chemins bosselés et parsemés d’épines feront obstacle aux pas, et les cœurs qui auront cédé aux désirs de l’ego,mourront au pied des idoles qu’ils ont eux-mêmes fabriquées. 

 

 

 

 

 

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05-02-2016

Le bas et le haut

 

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L’apparence de l’homme dans le corps qu’il « est » exprime un certain rapport avec le « haut » et le « bas »: il ne peut pas voler mais il n’est pas non plus obligé de ramper. Il n’est ni oiseau ni ver de terre. Il se meut debout comme un être humain, c’est -à- dire sur la terre et levé vers le ciel.

Son rattachement au bas ne menace pas son redressement vers le haut et celui-ci n’est pas la négation de son lien à la terre, il est un contact en profondeur qui, à la manière des racines d’un arbre, ne s’oppose pas à la croissance verticale mais y contribue en l’assurant. Son aspiration vers le haut n’a pas le caractère d’un arrachement à la terre mais celui d’un mouvement ascendant produit par de puissantes racines nourricières. L’attitude « juste » correspondant à la relation du haut et du bas est l’expression harmonieuse de l’homme qui, tout en tendant vers le ciel, trouve sa fondation dans la terre qui le nourrit et le porte.

Signe de verticalité, pont entre le bas et le haut, la montagne consiste à relier la terre et le ciel. Comparable à un vase alchimique, la montée opère la mutation du plomb en or. Le passage du plomb à l’or signifie une ascension.

Les révélations ne s’accomplissent t’elles pas sur les sommets ?

Le sommet de la montagne du dedans se découvre grâce à une constante progression. Lors de l’ascension intérieure, aucune cime n’est jamais atteinte d’une façon permanente, d’où la mobilité des mouvements répétitifs.

Les amis de la montagne du dehors et du dedans affrontent en effet de nombreux risques : crevasses, abîmes, glissades, avalanches, blocs de pierre qui se détachent. Dans le froid glacial, les mains, les pieds, peuvent geler, mais la brume dissimule les périls.

L’escalade offre souvent de nombreux rapports avec l’existence.

Celui qui monte ne s’arrêtera jamais, allant de commencements en commencements par des commencements.

Henry Corbin fait allusion au « rocher d’émeraude » que gravissent les pèlerins, sur le haut de ce rocher ni soleil, ni lune, ni étoiles, un tel rocher cerne et surplomb notre habitat terrestre.

L’esprit se dilate, là l’amour s’écoule du mont, et l’homme s’éveille

Chacun a son Sinaï …

Au sommet des montées, le regard est porté vers le bas et ainsi les contraintes disparaissent. Seul l’unité subsiste … le vide ne peut rien retenir.

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24-01-2016

Gare au gel!

 

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Nous n’avons pas la sagesse du rosier qui accepte le gel en pressentant que le printemps s’approche.

Et nous devenons la tempête de ces flocons. 

Cependant, les bourgeons n’éclatent-ils pas sous le regard du soleil ? 

On craint d’avancer jusqu’au soleil du lendemain… Craignez plutôt le gel qui saurait figer la rivière d’Eau vive. 

Purifier l’eau polluée revient à isoler des souillures l’eau pure, claire et limpide. La fluidité de la vie est comme celle d’un cours d’eau; les impuretés l’entravent.  Aucun agriculteur n’obstrue les sources ou les canaux d’irrigation de sa terre; car que pourrait- il alors moissonner sur une terre stérile ? 

 

Lorsque se lève le Soleil, pardonne-moi. 

Lorsqu’il se tient dans sa course du ciel, pardonne-moi. 

Lorsque se couche le Soleil, pardonne-moi…

 

 

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