30-11-2016

Que dois-je être ?

 

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-Que dois-je  être  vague ou barque ? 

Que dois-je être  poisson ou algue ? 

 

- Non ! Cela non ! Cela non ! 

Deviens la mer!

 

-Devenir la mer … ?

 

-Deviens la mer, avec ses vagues et ses barques. 

Deviens la mer, avec ses poissons et ses algues.

Qu’attends tu ? 

Lance-toi à la mer ! 

Sois bougie, voiles, timon, poisson, eau … va aussi loin que tu peux. 

 

-Vertige des marches que je descends,qui mènent au fond de la mer, au fond de l’amour.

Marches humides… Creusées par mon sang.

 À quoi rêvent-ils, les fiancés des eaux profondes, à quelle improbable paix, sous quelle 

lumière d’un soleil mort ? 

 

- Parfum entêté, saveur d’éternité dans ma bouche où l’air ne passe plus que par vagues, que par

flammes, regarde ! 

Si ton œil est ouvert regarde la mer. 

Ce n’est pas le monde que tu vois, le monde est l’écume de la mer. 

Songes-y tout ce monde est illusion. 

Sur la crête d’une vague tu places une mer. 

Sois la mer ! 

Quelle mer constellée de joyaux sublimes, sur lesquels la vase de la corruption ne se pose pas. 

Les paroles coulent pures comme l’eau mais tu as les yeux pleins de terre. 

 

 

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11-11-2016

épopée du retour

 

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-Je laisse mon regard errer sur l’horizon : 

Le retour tant espéré, quand viendra-t-il ? 

L’oiseau s’envole pour regagner son nid ; 

Et le renard mourant se tourne vers son gîte. 

Me voici exilé ; 

Comment pourrai-je l’oublier, quel jour, quelle nuit ! …?

- Quand te submerge la nostalgie ,

Repousse – la vers l’horizon extrême. 

Oie sauvage fendant  les nuages, 

Tu portes en toi la morte – saison. 

Rosée gelés, 

Ployés en bas sous l’ouragan, 

Cœur sauvage délivrée des haltes.

Libre enfin de voler,

Entre sol natal et ciel d’accueil.  

Ton royaume unique : ton propre cri ! 

Or, vient le jour, à bout de mémoire. 

Ils rejoignent dans le clair de Lune, le bien-aimé. 

A l’horizon montera la fumée, 

Là où se couche le soleil, 

Cédant la place à la Lune. 

La terre nocturne aspirée par la clarté cristalline. 

 

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26-09-2016

La Migration

 

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La vie est une aspiration…

Quel est le sens véritable du pèlerinage ou de la migration ? Est-ce que leur sens véritable serait de quitter une ville pour se rendre à une autre, ou un pays pour un autre et acquérir une nouvelle nationalité ? Cela n’est que le sens matériel, c’est-à-dire, quitter un lieu pour aller vers un autre. 

La véritable migration consiste à quitter un lieu pour ne jamais y retourner. Si vous y retournez, alors cela n’est pas une véritable migration. 

L’enseignement du Prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions soient sur lui ) renferme le plus grand sens de la migration; il nous livre les principes de la migration parfaite, hijrah spirituelle.

Il ne s’agit pas de migrer de la terre à lune, car une telle migration serait limitée par la dimension de ce monde. Ce que le Prophète ( que la paix et les bénédictions soient sur lui ) nous donna est une migration de l’intérieur, d’un état à un autre, d’une laideur à une beauté, d’une obscurité à une illumination. Il nous a appris à apprécier les valeurs morales, à s’envoler d’un état de bas désir à un état de bienséance, à s’envoler avec l’éthique et le respect qui sont des substances de la Vérité.  

« Des nomades campent dans mes yeux. Les feux qu’ils allument sont les pétales qui forment la Rose. » 

D’abord tu découvriras les secrets du monde minéral. Tu connaîtras le secret de chaque pierre et ses propriétés particulières, néfastes et bénéfiques. Si tu t’éprends de ce monde, il te dépouillera de tout ce à quoi tu te cramponnes, et tu seras perdu. Mais si tu te consacres au dhikr, et te réfugies aux côtés de Celui dont tu te souviens, alors il te protégera et te révélera le monde végétal.  Chaque brin de verdure te décrira ses propriétés néfastes et bénéfiques.

« L’innocence et la générosité indescriptibles de la Nature, du soleil, du vent et de la pluie, de l’été et de l’hiver. Quelle apaisement ! Ne suis-je pas moi-même en partie issu de la terre végétale ? » 

Et si tu ne t’arrêtes pas à cela, Il te révélera le monde animal. Les animaux te feront connaître leurs propriétés néfastes et bénéfiques. Chaque espèces te fera connaître intérieurement sa proclamation de majesté et de louange.  Prête attention à ceci : tu prends conscience que tous ces mondes sont engagés dans ce même dhikr. Et si tu ne t’arrête toujours pas à cela, Il te révélera la lumière des étoiles montantes. Les étoiles montantes des lumières de la déclaration d’Unité (tawhid), naissant dans le cœur des gnostiques, et qui éteignent toutes les autres lumières.

« Allah est l’Éternel, le Détenteur de toute connaissance et toute force, le Sustentateur par lequel tous subsistent,, l’Omniprésent, l’Unique, sans pair ni égal. »  

Et si tu ne t’arrêtes pas à cela, Il te révélera les jardins : les degrés des marches qui montent jusqu’à eux. Et si tu ne t’arrêtes pas, une lumière se révèle, dans cette lumière tu es saisi d’un extrême ravissement transporter par l’Amour. Tu te balances comme une lampe dans le souffle de la brise. Et si tu ne t’arrête pas, tu es déraciné (effacé), puis retiré vers la Vérité, puis écrasé par l’Unicité essentielle, puis oblitéré du timbre de la Migration, au couleurs symboliques du rouge vif de l’Amour, du vert de la renaissance et du blanc de la pureté. 

Celui qui est parvenu  à sa destination est maintenu solidement là où sa quête a pris fin… La venue sans le retour.

 

 

 

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04-09-2016

L’homme qui marche : Le voyage spirituel

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Il marche. Sans arrêt il marche. Un homme qui marche bien au-delà de la tombée du jour. Sans cesse en mouvement, il va tête nue. Le vent, l’injure, il reçoit tout de face.

Quelque chose avant même sa venue sur terre le presse à la marche. Quelque chose se souvient en lui. La beauté sur terre lui fait signe. La beauté du visible est faite de l’invisible et le souvenir s’intensifie par son corps en marche.  

 

À croire que vivre est comme une marche… 

Un pèlerinage… le pèlerinage, c’est se mettre en route pour atteindre le Bien-Aimé. 

Son esprit est légèrement absent, et ce rien d’absence est sa matière d’être attentif à tout. 

Ceux qui emboîtent le pas et croient que l’on peut demeurer éternellement à vif dans la clarté de l’Amour, sans jamais perdre le souffle. Ceux-là, leurs paroles sont considérées comme démentes et cependant que valent d’autres paroles. 

Quand nos jambes seront fatiguées,marchons avec la force qui vit dans notre cœur. Quand notre cœur sera fatigué, avançons avec la force de la Foi.

Je dois être capable de m’accepter comme je suis. Une personne qui marche.  

Le soufisme est aussi appelé l’école de « Sayr u Suluk », terme qu’on utilise très souvent en poésie soufie. Les deux mots « sayr » et « suluk », bien qu’utilisés ensemble, ont chacun leur propre signification : 

Sayr désigne la purification intérieure et comprend les différentes étapes de l’évolution spirituelle. Il se rapporte de la relation avec Dieu, relation dont la qualité est le succès dépendent de la persévérance dans la remémoration de Dieu. Sayr est le voyage spirituel et concerne le domaine intérieur et individuel.

Suluk ou Solouk est un principe fondamental. Il désigne le comportement et la qualité des rapports avec les autres êtres humains et êtres vivants. 

Le Soufisme (Tasawwuf) est une forme d’éducation vers la maturité. Cette éducation est appelée « Sayr-u Suluk « : Sayr signifiant le parcours Suluk signifiant le voyage.

Durant ce périple, le voyageur passe de l’ignorance à la connaissance, des désirs négatifs à la bonté et à l’intégrité, de son propre être à Allah.

Shayr et Suluk, bien que désignant deux domaines différents, vont de pair, car en vérité, sayr et suluk sont deux ailes, toutes deux indispensables, qui rendent possible l’envol de l’être humain et on ne peut s’envoler avec une seule aile. 

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01-07-2016

l’Etoile polaire

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« Bien que l’eau soit une, les végétations sont multiples. »

Majnûn (le fou) de Layla a bien dit en composant ces vers:

<<Je passe près des demeures, les demeures de Layla. J’embrasse tel mur et tel autre mur. Ce n’est pas que l’amour des demeures me passionne mais plutôt l’amour de celle qui habite ces demeures.>> 

En flairant le parfum d’une fleur, l’abeille peut voyager de longues distances, atteindre ce dont elle a besoin et revenir. Elle reçoit l’inspiration…

Ce pouvoir d’Attraction est comme l’aimant, et la puissance de l’aimant dépend de la quantité de fleur emmagasiné dans le cœur et du parfum contenu dans le cœur.

Un bon parfum provient d’une source divine.

Il y a tellement de fleurs sur ce chemins…

- La glycine, une impressionnante montée.

- Le datura, trompette de la mort.

- La grâce de la clématite.

- Le chèvrefeuille, un parfum inoubliable.

- La rose, Reine du jardin, symbole de beauté.

- L’azalée, aussi bien dedans que dehors ! 

 

Comment pourrais-je entreprendre mon voyage sans ton amour ? 

Ton amour est ma lanterne, mon phare, ma source de lumière, mon soleil, ma lune, et toutes les étoiles de mon univers, me guidant telle l’étoile polaire qui guide tout le monde. 

Autant le nord est la plus grande référence autant le Prophète Mohammed ( que la paix et les bénédictions soient sur lui ) représente le nord. Il est le point de repère pour tout voyage spirituel, le guide qui mène au Suprême, l’étoile polaire de la navigation spirituelle.

 

 

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07-06-2016

Faire retour à la racine

 

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Les feuilles tombées se recroquevillent comme un cœur se resserre autour du souvenir de ce qu’il a perdu…

« J’ai tout misé sur un amour qui ne peut entrer dans ce monde même s’il en éclaire chaque détail. Lumières qui, avec le temps, se déposent dans mon cœur comme une poussière d’or. »

Quelque chose vient à tout instant nous secourir. Il y a une étoile mise dans le ciel de chacun de nous, assez éloignée pour que nos erreurs ne viennent jamais la ternir. Difficile en effet de décrire cette belle lune qui luit à travers cette branche et de partager les impressions subtiles qu’elle suscite.

 

Sans trace aucune,

Le canard va et vient sur l’eau,

Jamais il n’oublie son chemin.

La multiplicité des êtres,

Fait retour à la racine.

 

Revient !

Invoque Dieu pendant que tu marches.

Ne te laisse point absorber.

Vivifie ton cœur si fragile. 

 

 

 

 

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27-05-2016

Prendre de la hauteur

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À bout de souffle, je suis en vapeur entre les montagnes de l’espoir et du désespoir. Douceur translucide, je tombe en hausse sur les souffles, souffles qui  s’accroche dans les vagues de vent et sur les nuages de plus en plus froids. Je délaisse  tous les faux-semblants dans le vide sans fin…

Ma vision n’était plus limitée par le mur de l’apparence; elle pénétrait la forme et découvrait sa vérité secrète. L’origine de la beauté véritable ne réside pas dans la perfection des traits, ni dans l’harmonie des formes et des couleurs; mais à l’intérieur de l’être. S’il arrive que la clarté de cet amour illumine un visage, aussi ingrat soit-il, il le pare d’une émouvante beauté que le temps ne pourra flétrir. 

En revanche, lorsque la beauté est uniquement formelle, extérieure, et si le mal réside au fond de l’âme, alors son obscurité voile et altère cette beauté, sans que ni les soins ni les parures puissent lui rendre son éclat, qui s’avère alors superficiel et trompeur. 

Je sentais couler dans mon cœur, comme des ruisseaux d’une lave ardente; quelquefois je poussais des cris involontaires. Il me manquait quelque chose pour remplir mon abîme : je descendais dans la vallée, je m’élevais sur la montagne, appelant de toute mes forces une flamme future. Je la rencontrais dans les vents; je croyais l’entendre dans les gémissements du fleuve. 

J’ai ouvert la porte et je suis entrée dans un jardin merveilleux où une marguerite vaut mieux qu’un discours…

Un grand troupeau d’étoiles vagabondes, m’appelaient pour  entrer aux cavernes profondes. Fuyant le jour, les noirs chevaux galopaient. 

Fuir vers le vert, là est la fraîcheur de L’Emblème du bien fondé des espoirs. En bleu, l’esprit peut se balader, mais en vert, il peut se reposer.

 

« Une fois que tes yeux seront ouverts,le monde t’apparaîtra un rêve. »

(Eva Hawa De Vitray Meyerovitch)

 

 

 

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14-05-2016

Le Code d’honneur du noble chevalier

 

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-Un chevalier à le souci d’avoir la mort à l’esprit, chaque jour et chaque nuit. Voici pourquoi. Toute vie humaine est semblable à la rosée et au gel matinal, qui sont des choses fragiles et éphémères.

- Un chevalier doit faire la part du vrai et du faux et efforcer de faire le vrai et d’éviter le faux, la voie des nobles chevaliers est vivante. Le chevalier combat pour la  Vérité. 

- Un chevalier se doit d’être brave. D’une manière générale, le courage n’est pas quelque chose qui se manifeste uniquement quand vous portez une armure. La différence entre un brave et un poltron peut être observée dans la vie de tous les jours. Celui qui est naturellement brave manifeste sa loyauté et sa dévotion à l’Unique. Il emploie son temps libre à l’étude et à parfaire sa pratique. Il prend soin de sa santé, il est frugal et sobre. Il prend soin de lui, en évitant les habitudes nuisibles à la santé comme les excès de nourriture. Il se montre patient et tolérant à l’égard de toutes les créatures. Cela reflète le tempérament du brave.

 - Un chevalier noue naturellement des relations d’amitié avec d’autres chevaliers braves et justes. Des chevaliers ne peuvent devenir des amis que lorsqu’ils voient dans le cœur de l’un et de l’autre.

- Pour un chevalier, il est fondamental de toujours être attentif à ne pas médire, même si il voie ou entend de mauvaises choses à propos d’un collègue.

- Le chevalier effectue quotidiennement sa lessive, afin de nettoyer les taches incrustées sur son manteau. La corruption, c’est comme le signe que le manteau blanc est en train de devenir gris souris. La veste est souillée de graisse, de saleté et de poussière, il faut donc la laver avec une bonne lessive pour qu’elle redevienne propre. En revanche, quand le cœur humain est altéré par toutes sortes de choses qui salissent, un simple lavage et rinçage, ne peut pas le purifier, il faut le laver et le rincer avec constance. Vous aurez beau laver le cœur humain, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, quoi que vous faisiez, en toute circonstances, il se salira encore très facilement. Il existe une grande quantité de lessives utilisées pour laver les manteaux blancs. De même, il existe différentes manières, semblables à la lessive, de nettoyer le cœur des guerriers. Quelles sont – elles ? Ce sont la loyauté dans la Vérité, le devoir de œuvrer pour la Vérité, la prosternation face à la Vérité,  le Rappel constant de cette Vérité et le courage  œuvrer sur la voie de la Vérité. Qui auras le courage de lever le glaive face au mensonge, à la calomnie et  à l’injustice ? … Qui a le courage d’œuvrer selon la Conscience ? Certaine crasses sont enlevées par la lessive de la loyauté et de la fidélité, et certaine crasse ne résiste pas à la lessive du devoir et du rappel. Quand une tache demeure obstinément même après qu’elle a été lavée avec la loyauté et rincée avec le devoir et le rappel, alors utilisez  la lessive du courage et faites l’effort de frotter avec détermination. C’est le secret auquel les guerriers ont recourent en dernier lieu pour purifier le cœur.  

- Un chevalier consacre toute sa vie au service de son Unique Roi. Lorsque vous comprenez que vous n’êtes pas maître de vos devoirs, votre vie ne vous appartient plus. Ne sachant jamais à quel moment votre Seigneur à prévu pour vous le Retour au Château. Un Serviteur loyal sait qu’il a un Maître; il ne sait pas qu’il a un moi.  Présentez – vous, le sabre à la main et dites: << Je suis untel, serviteur de l’Un. >> 

 

 

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22-04-2016

La chevaleresse au service du Roi

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Elle ne porte ni heaume ni armure, mais de sa main droite elle plante fermement en terre le bois de sa lance, comme si elle venait de conquérir le lieu de merveilles où elle va s’établir.  Son domaine est de petite taille et pourtant arbres et fleurs s’y déploient librement et nombre d’animaux le parcourent. Jardin suspendu entre terre et ciel, ce lieu n’est pas étroit, mais retiré, intime, profond. Un royaume que la chevaleresse va explorer. C’est le propre de le l’espace intérieur de devenir plus vaste à mesure que l’on y avance. Et la qualité du jardin clos de l’âme de s’ouvrir à toutes sortes de lumières fécondes. 

Ici est le royaume de la chevaleresse, et pourtant sa quête à peine commence. Résolue, elle sait parfaitement vers quelle Source, elle s’oriente. Sans rien rejeter des beautés rencontrées, des agréments du monde, elle les tamisera, elle les sublimera par le feu de son unique désir. Portant haut sa bannière, ancrée en verticalité. Verticalité, élévation, tout tend vers les  hauteurs. Nous sommes exhortés à élever notre regard, nos pensées, à dépasser les apparences et l’horizontalité. Elle va plus loin, elle voit plus loin, au-delà du monde des formes et des couleurs. Elle va plus haut, elle voit plus profond… Elle va grandir et se perfectionner. L’âme doit aiguiser son attente et affiner toutes ses perceptions jusqu’à devenir pure flamme. L’âme si belle à la Lumière et à travers la brise qui soulève la bannière, dans le parfum de la Rose. 

La chevaleresse pratique la chasse, la chasse ordinaire ici est échangée par la quête mystique. On ne tue pas les animaux pour le plaisir ou la gourmandise, mais ici on se doit de dompter ses passions dévorantes et ses instincts primaires. On ne terrasse pas le Lion, mais on tente de l’égaler en courage et en noblesse.

Elle porte au bras un faucon aux ailes déployées. Celui-ci vole sur le dos, cherchant à échapper aux rapaces. Au Moyen Âge, il est dressé pour la chasse en raison de sa vue perçante, de son vol très rapide et puissant et de son bec crochu. Le faucon s’élève haut dans le ciel, il est doté d’une vue particulièrement aiguisée et lointaine et fond sur sa proie de façon fulgurante sans plus la lâcher. Ce sont là autant de caractéristiques applicables à la dimension verticale de l’être humain. La chasse de haut vol désigne la quête de la Sagesse. Le pèlerin est invité à transformer ses actions terrestres en activités spirituelles. Les ailes rapides du faucon rappellent l’élévation sublime et ses yeux perçants indiquent les réalités supérieures. La chasse spirituelle ne s’arrête jamais. Le faucon poursuit sa quête inlassable. À ses pattes sont noués des lacets qui se terminent par un anneau d’or. L’oiseau de haut vol n’est donc pas autonome, il appartient à un Maître.  Le faucon ne chasse pas pour son propre compte. Il est envoyé par un Seigneur vers lequel il va revenir. Faucon à l’œil de feu et au vol fulgurant. Il est l’oiseau princier envoyé par Le Roi. Sa mission n’est autre que de ravir l’âme  pour la mener jusqu’à son Roi. 

La chevaleresse porte à son cou un collier de fleurs à cinq pétales, dorée d’amour et orné de perles vertes qui vont figure de la part spirituelle de l’être humain. Il y a beaucoup d’autres perles, d’autres nourritures fines tendues dans une précieuse coupe : susciteront-elles notre appétit ? Ou bien nous laisserons-nous égarer, par nos sens trompeurs ou, comme le singe, aurons-nous seul souci de notre part charnelle ? Vers où se dirigera notre désir ? Comme la chevaleresse, l’être avisé nourrit l’oiseau de son âme en puisant dans la coupe d’or. À chaque jour suffit sa perle !

La Sagesse est bien Connaissance d’Amour, et celui qui la cherche doit faire preuve de l’intelligence du cœur, qualité suprême qui n’a rien de sentimental ni de cérébral. La chevaleresse part en quête à la fois de l’Amour et de la Sagesse.

La chevaleresse doit se montrer pur comme l’agneau et se protéger des dangers grâce au bouclier de ses vertus. Ce sublime amour qui exige une fidélité totale doit être à la fois approché avec délicatesse et lors de hautes luttes.

La chevaleresse, l’alchimiste, le pèlerin et le mystique se rencontrent et fraternisent, puisque leurs démarches respectives se rejoignent au sommet et peuvent prendre pour devise : << À mon Seul Désir ! >>.

 

 

 

 

 

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01-04-2016

L’homme montagne

 

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L’homme montagne se situe au – delà des différences ethniques et sociales.

Lorsque la compassion habite l’homme avec l’amour qui l’accompagne, cette tendresse ne cesse de se renouveler.

Tout procède par étapes. Chacune d’ elles doit se nourrir des aliments qui lui convient. 

On part d’une pierre pour faire une montagne. Par compassion, tout procède par étapes; le nourrisson ne saurait digérer autre chose que du lait, l’utilisation des aliments solides vient ensuite.

La montagne correspond à un centre exerçant spontanément autour de lui une bienfaisance. À la façon d’un soleil éclairant indistinctement les autres. 

Une différence fondamentale distingue le désert  de la montagne :  le désert se traverse… Et avant de le quitter, il n’est plus pour le nomade un lieu d’épreuves. Devenu jardin, tout s’est transformé en nourriture. Rassasiement pour le corps, l’âme, le cœur et l’esprit. Le nomade participe à cette mutation en passant de l’obscurité à la lumière. Il a pu souffrir de la soif. Désormais le voici abreuvé. Le désert correspond à une absence du monde extérieur. Dans le désert l’homme apprend à écouter intérieurement, au-delà des sons et des formes. Ainsi, pour le nomade, le désert devient un lieu d’éveil à la dimension divine. Dans le désert, on célèbre les <<noces>> entre les dimensions terrestre et spirituel.

L’expérience de la montagne se présente différemment : Le montagnard a fait l’escalade de la cime de sa dernière montée. Ayant basculé dans un abîme, il n’y a plus de retour…le montagnard va et vient au bord du précipice, il reste un visiteur en équilibre. Mais l’éveil qu’il éprouve à la montée, a eu pour effet de le faire absorber la lumière pointée. La lumière s’écoule désormais en lui. L’espace aérien plonge dans la voûte céleste. Il comporte des vents, nuages, pluies, neiges, tempêtes, orage et foudre, qui sont autant d’événements merveilleux que terrifiants.

« Les montagnes, rivières, la terre, les herbes, les arbres et les forêts sont toujours émanant une subtile, précieuse lumière, jour et nuit, toujours subtile, qui, montre son précieux exposer à toutes les personnes; la haute vérité . »

Cependant des correspondances étroites s’établissent entre la haute montagne et le désert. Tout d’abord leur nudité. Aucune verdure sur les rochers, ni de végétation dans les déserts de sable ou de pierre. Nulle marque n’évoque sur les rochers le passage des montagnards. Dans les déserts, les traces des nomades sont aussitôt effacées par le vent. Ce visiteur, souffle sur les sommets et dans les déserts. Ailé, tous les lieux lui sont accessibles. Le vent du désert et des hautes altitudes ne transporte aucune semence végétale. Il véhicule un germe d’éternité, dont la fonction sera de rendre muet. Brutale, la tempête pourrait renverser, faire dévier le montagnard, rendre sa démarche impossible. L’homme du désert peut se trouver aussi dans l’obligation de suspendre, son cheminement; il risque surtout de se perdre. Aucune habitation stable n’est possible sur un sommet ou dans un lieu désertique. La tente remplace la maison; elle se monte et s’enlève avec facilité. Le montagnard et le nomade se déplacent portant très peu de bagages susceptible de bloquer leur démarche. 

Lors de l’accès à la montagne intérieur,la nudité du désert accompagne l’escalade. La plénitude de la lumière relève à la fois du désert et de la montagne. L’obscurité d’un sommet très élevé n’apparaît pas différente de la nuit passée dans un désert. Intériorité, lumière et nuit sont vécues de façons diverses mais qui s’accouplent.

Porteuse de secrets jamais entièrement révélés, la montagne conserve dans ses flancs des éléments d’une inépuisable initiation à la beauté.

Apprendre à la regarder avec amour de l’Orient à l’Occident.

Les montagne enfantent des sources dans leurs entrailles. Ces divers ruissellements vont descendre le long des parois et entreprendre de très lointains voyages. D’un débit faible au départ, ils s’enrichiront durant leur périple. Avant de jaillir de la terre, les sources ont dû mener une existence souterraine…Et toute l’action de celui qui la découvre consiste à ne pas faire obstacle à sa fluidité. La stopper dans son parcours, suspendre sa course serait une terrible erreur. Il existe des regards secs et des regards humides, ceux- là sont animés par la source du dedans, ceux-là sont capable de distinguer dans les yeux, la qualité d’une source, pure ou polluée. Un regard contemplatif se laisse imprégner par la beauté, sans pour autant en être propriétaire. Aussitôt, le visible et l’invisible se mélangent. Il s’aiment et s’unissent. Les roches imprégnées deviennent comparables à des sources. Celles-ci s’écoulent en apaisant la soif des hommes altérés de beauté. L’homme s’émerveille devant la splendeur de la nature, la beauté l’habite; il la reçoit à la façon d’un vase se remplissant d’un liquide précieux.  En dehors du bruit des sources et des torrents, la montagne semble silencieuse. Cependant, certaines oreilles apparaissent susceptibles de percevoir son chant.

 

 Les épreuves de la montée… Au plus profond du dedans, il n’est plus de dedans ni dehors, mais, seul, l’Océan.

 

Ô Dieu ! Crée une lumière dans mon cœur, une lumière sur ma langue, une lumière dans ma vue, une lumière dans mon ouïe, une lumière à ma droite, une lumière à ma gauche, une lumière devant moi, une lumière derrière moi, une lumière au-dessus de moi, une lumière au-dessous de moi. Et accorde bénédictions et paix à celui que Tu as envoyé comme une lumière, ainsi qu’à sa famille et à tous ses Compagnons. 

 

 

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