22-12-2015

Le fer de la lance

 

 

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Jamais une âme verra le Beau, si elle ne se rend belle auparavant. 

Plus le cœur s’ouvre, plus il perçoit les Réalités. 

Le lion représente notre nature sauvage, violente, orgueilleuse, les instincts et les passions qu’il s’agit de maîtriser, autant dire l’homme charnel. Or, le lion est blessé et l’épine fichée dans sa patte est un aiguillon qui à la fois l’empêche d’être pleinement heureux de son sort et la pousse à chercher un remède. 

La spiritualité libère l’homme charnel : Désormais, le lion vit en bonne intelligence, certain disent même qu’il se nourrit d’herbe : réconciliation des aspectes terrestre et céleste de l’être humain, passage de la dévoration à la contemplation. Tout un chemin spirituel pour qu’éclose l’homme intérieur, l’être nouveau. Encore fallait-il que le lion fusse blessé, et à la patte, afin d’orienter différemment sa marche.

La blessure s’avère le contraire de l’entrave, elle invite à la quête, elle appelle à une infinie liberté.

Considère les plaies telles des portes qui s’ouvrent.

Au travers de ces pieds et de ces mains avance au cœur de l’Amour. 

Quelle prodigieuse force parvient à faire saigner le métal, à faire pleurer la pierre ? 

Ce que les hommes nomment amour, après l’avoir réduit à leurs dimensions étroites, triste et froid métal par rapport à sa Réalité, à son Essence dont le moindre pouvoir est de faire saigner les lances de l’ego, des yeux et de la langue, de liquéfier la pierre du cœur. Ainsi, l’Amour est bien le fer de la lance de grandes œuvres auquel est convié le chevalier spirituel.  

 

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21-12-2015

Le fidèle Amour

 

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Peut-il y avoir des remèdes humains pour ceux qui sont malades du feu divin ? Qui sait jusqu’où va la profondeur de cette blessure ? 

Il est une image gracieuse que les artistes ont souvent représentée, celle de l’offrande du cœur. 

Sur le thème du don du cœur, celui qu’on a appelé le philosophe de Cordoue et qui vécut dans l’Espagne musulmane, Ibn Hazm, propose cette déclaration fervente, ces paroles qui recouvrent une vérité; c’est la blessure qui permet le rapprochement : 

<< Je voudrais que mon cœur eût été ouvert comme avec un couteau. Tu y serais entré, puis il se serait refermé dans ma poitrine.Tu t’y serais retrouvé, sans autre compagnon, jusqu’au jour de la résurrection et du jugement des morts, partageant toute ma vie. Et si je meurs, tu habiterais encore le fond de mon cœur, dans les ténèbres du tombeau. >>  

De la blessure d’amour l’homme est marqué à jamais: il peut devenir chevalier errant, fou illuminé, poète et mystique tout à la fois. Il se sentira toujours seul désormais, seul au milieu des humains, loin de son bien-aimé, mais il rendra grâce pour cette blessure qui le fait accéder aux lumières et lui permet de recevoir de multiples bénédictions.  Les deux amants ne peuvent devenir un sans être passés, chacun par l’arrachement. Ils se savent inséparables à jamais, ceux dont une longue séparation fît brûler le cœur.

L’Amour est un, mais son approche comporte divers degrés. D’autres disent qu’il dispose de plusieurs flèches de nature différente. 

La légende de Majnûn et leïla, qui naquit en Arabie et inspira autant les mystiques que les amoureux, développe le thème d’une folie souveraine qui s’avère grâce et tourment. Épris de sa cousine Leïla mais, en raison de leurs tribus ennemies, empêché de l’approcher, le jeune Qays sent monter en lui la fièvre qui l’accable et lui fait composer des poèmes. Son père veut le guérir de cette étrange maladie en l’emmenant en pèlerinage à la Mecque. En ce lieu saint, le jeune homme comprend que l’éternelle blessure est la seule voie offerte aux éperdus d’amour et il demande à Dieu de ne jamais le guérir. Désormais, on le surnomme Majnûn, le Fou. Il quitte les tentes de sa tribus, la compagnie des hommes, pour aller au désert avec les animaux sauvages sans cesser de chanter, jusqu’à la mort, son amour irréalisable.

Attâr, le mystique persan, prend souvent Majnûn comme modèle du Fidèle d’Amour. Dans le livre de l’épreuve, après avoir rappelé l’épisode où Qays prie Dieu de ne jamais être consolé, il s’adresse en ces termes au pèlerin de la voie ardente :

<< Quand ta douleur, d’amour pour Lui, sera accrue, que tout ce que tu possèdes ne sera plus qu’une plaie, quand le monde entier sera couleur sang, de tout ce sang surgira un cœur. Ce cœur alors sera constamment dans la Présence et sa joie sera éternelle ! >>

 

 

 

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05-12-2015

La blessure d’amour

 

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Rûzbehân, le grand mystique de Shîrâz , fut à la fin de sa vie atteint s’une sorte d’hémiplégie qui ne paraissait pas le tourmenter mais à laquelle son entourage voulait trouver remède. On raconte qu’un des disciples entreprit sans rien dire un voyage jusqu’au Caire afin d’obtenir un baume précieux qui guérissait son maître. Lorsqu’il revient tout joyeux auprès de Rûzbehân en lui tendant le flacon, le soufi le remercia de tout son cœur mais lui dit d’aller à la porte de la ville où se trouvait un chien galeux et de frictionner la pauvre bête avec cet onguent qui sans nul doute le soulagerait. Et il ajouta:

<< Sache que ma souffrance n’est pas de celles que l’on soulage avec un baume de ce monde. >> 

Il est des maux que la médecine peut soigner, et des blessures que rien ne peut apaiser parce qu’elles sont l’expression d’une soif. Allégresse et tourment à la fois, elles relient à la Vérité et ouvrent à la compassion pour toute créature. 

Celui qui vient en premier et le demeure, c’est Dieu, et c’est Lui qui mérite tout l’amour et toute la gloire. 

Ibn Arabî dans son célèbre Traité de l’Amour, énumère trois sortes d’amour qu’il appelle: inclination subite, amour originel et débordement d’amour. Ibn Arabî clôt ce chapitre en déclarant :

<< L’amour comporte des états d’âme nombreux affectant les amants. Le désir ardent d’amour, la domination amoureuse, l’amour éperdu, la peine d’amour, les pleurs, la tristesse, la blessure d’amour, la consomption, la largeur, et d’autres états semblables propres aux amants …>>

La blessure d’amour, est distinguée du chagrin et de la souffrance. Elle vient de Dieu, elle est réparatrice ou innocente. La grande erreur serait de vouloir s’en protéger ou de l’assimiler à une peine, alors qu’elle désigne une haute folie. Quiconque veut être aimé connaîtra des douleurs, mais que celui qui désire aimer sera marqué par la blessure. La première attitude, de loin la plus commune, est une restriction; la seconde ouvre à l’immensité. 

En certains instants illuminés, la blessure qui marque toute existence n’est plus une douleur, une honte, mais un honneur, une visitation. L’Amour vient au plus près de l’être par un souffle puissant, par des traits acérés, en ce lieu du Cœur. Là où s’abolit en un éclair la distinction entre la déchirure et la grâce. 

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