10-10-2017

Le chemin des miroirs

 

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Dans l’arbre près de la source chantait l’oiseau éclatant , la lumière dansait dans les lampes, il tenait entre ses pattes le livre incandescent de la sagesse. Ses ailes ! Comme elles brillaient, de quelle flamme était tout son corps, à peine pouvais – je garder les yeux ouverts. Son chant résonnait dans mes oreilles, comme une voix qui fait trembler de beauté le cœur : 

« Prends-moi la main, il n’est pas de bonheur plus clair que de marcher sur une route avec celui qu’on aime au jour levé, trouvant ouverte toute l’aube. Nous recherchons la sagesse des sources, la bienheureuse connaissance de l’eau qui garde la  mémoire de l’orage. Nous recherchons la sagesse des sources, la bienheureuse connaissance de l’eau qui se souvient de la nuit traversée. Ne tarde plus, viens ! Il est temps pour toi de descendre au fond de toi pour tirer de toi la lumière. »

« Tu as douté », dit-il d’une voix sévère. 

« Ne tarde plus ! Il est temps pour toi de descendre au fond de toi pour tirer de toi la lumière. Pour l’olivier nocturne qui prie dans la pénombre, sous l’Astre rayonnant. Pour ce chemin tant désiré qui descend vers le silence. Pour ceux qui vivent assoiffés de boire à la source. Pour tout ceux qui prennent soin de la beauté et des âmes. Pour tout ceux qui t’attendent. Pour cela prie , attends et espère. »

Il fait nuit maintenant, l’oiseau poursuit son chant, parmi les pierres ignorantes et les arbres veilleurs, qui ont cessés leur danse immobile. Plus de vent …

Bientôt viendra l’éveil, dit la voix lente et noire, tu bâtiras de nuit une demeure au cœur du jour. Et vous serez les invités de la sagesse ! Entre le bruit et le silence , entre la danse et l’oraison , les hôtes de la chambre orante. Dormez sans peur. Tout en vous vibre. 

Les oiseaux porteurs de la sagesse migrante dorment dans l’arbre, la Lune au ciel monte au zénith. Arabesques tracées dans l’air, chemins parfaits, accords en pluie qui retombe sur la terre sensible, pour célébrer les noces de la nuit et du désir. Le feu de la plus pure absence, danses dorées, où les âmes s’éveillent et s’émerveillent de la nuit comme du jour. 

Déjà le jour se lève, étonne- toi du goût de miel que la lumière a mis ce matin sur tes lèvres, tandis que tu dormais encore.

Absent au jour, mais ouvert au monde je suis irrésistiblement attiré par le Soleil, comme les héliotropes, ces belles fleurs blanches ou mauves toujours tournées vers Lui. Comme un chant de retour, je peux entendre la prière que, dans leur symbiose avec l’étoile la plus majestueuse de notre ciel, elles adressent à Dieu. 

 

 

 

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24-08-2017

à bout de soif

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« Au nom de Dieu, le Bienfaiteur, le Miséricordieux. Pardonne-moi mon Dieu, ô Toi le Pardonnant, le Généreux. » 

J’ai voyagé de nuit dans une obscurité baignée de lueur verte, au temps nostalgique des fleurs. 

« Que cherches-tu ? » 

« Ce que j’ai perdu … » 

Je revêtais tour à tour tous les habits qui m’était tracé : manteau de tendresse, chemise d’amour, gilet de passion, veste de nostalgie. J’étais pareil à celui qui boit de l’eau de mer: plus je buvais et plus j’avais soif.Les années s’écoulaient tandis que j’écopais ainsi l’eau. 

…à bout de soif, 

une gorgée d’eau; 

toute mort est vie : 

désert – oasis. 

(…) Si bien que, toute vaste qu’elle fût, la terre leur paraissait exiguë; ils se sentaient à l’étroit dans leur propre personne et ils pensaient qu’il n’y avait d’autre refuge contre Dieu qu’auprès de Lui (…). ( Coran, sourate 9 – verset 46) 

…à bout de soif , 

je me demande : à se donner ainsi, ne va-t-il pas tarir ? 

d’où vient cette source inépuisable ? 

C’est alors que je contemple là-haut les nuages qui se reflètent dans l’eau. Mais oui, l’eau en coulant s’évapore, se condense en nuage dans le ciel, retombe en pluie pour réalimenter le fleuve à sa source. 

Circulation terre- ciel. 

De tout mon être assoiffé, j’ai crié :Merveille! Miracle! 

J’étais égaré et Il m’a guidé, j’étais éloigné et Il m’a rapproché, j’étais perdu et Il m’a orienté, j’étais confuse et Il m’a éclairé, j’étais meurtri et Il a pansé mes blessures. 

Assoiffé,  oiseau sans ailes, je me suis envolé, lorsque dans le ciel, les étoiles gardaient le silence. Je me suis désaltéré, aux nuages de feu. Si je deviens aigle au sommet des montagnes, je volerais vers Toi. 

 

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20-03-2017

Chant de Nuit

 

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Apprends-nous nuit

à toucher ton fond

à gagner le non-lieu

Où  sel et gel 

Où source et vent 

Refont un 

 

Au fond de l’orne épais dont l’abris les accueille,

L’oiseau réveillé chante sous la feuille.

L’hymne de volupté fait tressaillir les airs.

Et, sur les bords d’une eau qui gémit et s’écoule,

La colombe de nuit languissamment roucoule.

L’arche de Dieu passa comme un palais errant.

La voyant assiégé par les flots du courant,

Le dernier des enfants de la famille élue

Lui tendit en secret sa main résolue.

Viens. T’exiler du ciel, en Son Seuil,  pour y cacher tes larmes.

Viens. Tu ouvriras ton âme,

Comme l’aube et la lune au couchant reposé

Confondent leurs rayons, ou comme la rosée

Dans une perle seule unit deux de ses pleurs.

Pour s’empreindre du baume exhalé par des fleurs,

Comme un double flambeau réunit ses deux flammes.

Entends- tu le concert qui s’approche et l’honoré

Les chants, leurs paroles pieuses,

De rameaux fleuris parfumant les chemins.

Tes genoux ont tremblés sous le poids des armes;

Ta paupière s’entrouvre à tes premières larmes.

 

Je n’ai point oublié l’encens du sacrifice. 

 

Comme l’encens qui brûle aux rayons du soleil

Se changeant en un feu pur, éclatant et vermeil,

On vit alors du sein de l’urne éblouissante,

S’élever une rose aux lueurs de l’aube matinale

Et la lune, des bois éclairant l’épaisseur.

 

Ses ailes sont d’argent;

Elles soulèvent les contours du céleste tissu.

 

Rose d’indigo 

ou d’émeraude 

Entre brume et lune 

n’es- tu de nuit ? 

Rose au feu d’émeraude 

Centre d’indigo 

 

Une aurore semble naître 

Quand  la lune apparaît, quand ses gerbes d’argent

Font pâlir les lueurs du feu rose et changeant. 

Une flamme 

Errante, est dans mon sang jusqu’au cœur parvenue. 

Ces flambeaux s’allument sous ses pas, 

Et leurs feux clairs la guide et ne la trahissent pas. 

Si ma lèvre s’altère, 

elle vient près du rivage. 

Chercher une coupe dans un profond coquillage, 

L’eau soupire et bouillonne

Sous des bosquets remplis de la senteur des roses ; 

Ces fleurs dont la beauté ne s’ouvre que la nuit, 

Le silence la suit; tout dort profondément; 

L’ombre écoute  avec recueillement.

Les vents des prés, apportent l’ambroisie. 

 

Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l’aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l’automne, tout le Souffle animant l’univers porté par le vol d’oiseaux migrateurs, tout les hauts chants humains montés de vallée de larmes. 

Tout…la nuit, le jour, Te chante !

 

 

 

 

 

 

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22-02-2017

Somme du colimaçon

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Comme guide j’ai choisi le modeste colimaçon. Ce gentil colimaçon, petite limace à coquille. Offre avec simplicité une première approche de la vie intérieure et du temps qu’elle nécessite : calme, recueillement, effort soutenu et lente progression. Il peut se retirer tout au fond, voire dormir à la mauvaise saison, ou bien se déployer et avancer de son petit pas sans jamais rejeter sa demeure légère. Il sait que le temps est aussi indispensable que la lumière pour croître et pour œuvrer. Il va à son rythme sur son chemin singulier. 

À lui seul il est une leçon de modestie : aussi avancé que se croit le pèlerin dans son parcours, il n’en est qu’à ses premiers pas. Et puis, il y a cette grâce d’être un animal à antennes et d’élever ses yeux bien au-dessus du sol. Du reste, il n’est pas un rampant puisque, tout en adhérent à la terre, il est apte à monter le long des tiges et des branches. Tel l’homme fait d’argile périssable et désireux de se hisser au-dessus de sa condition de terre. Ainsi, sans fracas, sans révolutions spectaculaires, le colimaçon, garde inscrit sur sa coquille le signe de son évolution lente mais certaine.

Lorsque le pèlerin spirituel se met en marche pour le long voyage, il abandonne ses masques et sa carapace, pour aller vers la saison nouvelle, pour devenir printemps. 

Partir à la recherche d’un trésor, un trésor caché, mais qui n’a jamais été perdu; c’est creuser un puits ou désenfouir une source; c’est planter un arbre en prenant tout son temps, puis veiller à sa croissance au fil des jours; c’est commencer une maison par ses fondations, en se gardant des frêles châteaux de sable. C’est monter un à un les barreaux de l’échelle pour cueillir des fruits délicieux ou, plus haut, frôler les nuages, plus haut encore devenir oiseau. C’est gravir une montagne, du moins essayer; c’est labourer une terre avant d’y semer et bien avant de faire les récoltes; ou encore c’est ouvrir une porte avec précaution et non sans un tremblement du cœur, une porte qui donne non sur un espace clos, mais sur l’immensité. 

Le colimaçon n’est pas en permanence retiré au fond de sa coquille, il avance sur les chemins. Il convient de se montrer habile comme le serpent et candide comme la colombe : non pas devenir rusé, mais déjouer les ruses et les embûches qui ne manquent pas sur le chemin, savoir se glisser comme un serpent dans le trou d’un rocher, rester discret, ou pouvoir comme l’oiseau s’envoler et rejoindre à tout instant sa patrie véritable; en aucun cas ne donner prise aux récupérations possibles, mais tel l’éclair filer entre les mailles du filet, telle l’insaisissable lumière…

On comprend que le voyage soit long et qu’il faille pour cela bien mesurer son temps, adopter un pas de colimaçon et se retirer souvent dans une coquille de silence. 

Vis comme sur une montagne : 

Élévation vers un monde supérieur et retrouvailles avec la maison intérieur. Prier, se Rappeler, c’est vivre comme sur une montagne. L’âme qui ne prie pas, ne se rappel pas,  est comme ces oiseaux de basse-cour qui, ayant de grandes ailes, ne savent pas s’en servir. L’ âme qui prie et se rappel, est l’aigle en vole aux ailes déployées. On reconnaît l’arbre à ses fruits. Ceux-ci peuvent être abondants, nourrissants, ou amers voire vénéneux, ou encore inexistants. 

Tout au long du parcours, le voyageur apprend et aussi désapprend.

C’est une quête de longue haleine mais qu’il ne faut pas remettre à plus tard. L’important n’est pas de se presser, mais de ne pas renoncer. 

Cours avec l’étoile …

L’âme est un ciel, qui a pour soleil la l’amour, pour lune la foi, pour étoiles les vertus; ou encore assurément pour soleil la justice ou la charité et pour lune la bienveillance. 

Qu’est devenu notre ami le colimaçon ? 

Certains de ses compagnons ont abandonné le voyage, d’autres se sont laissé écraser par les difficultés du chemin, d’autres encore ont été surpris en route par la mort. Mais lui, obstiné, confiant, il a continué. Il est allé de son petit pas, mais il n’a pas perdu son temps ni gaspillé ses forces. Dressant ses antennes délicates vers le ciel, un jour lui est venue l’audace de quitter le sol familier, de grimper le long d’un arbuste, monter à la verticale d’une montagne …

Levez les yeux, regardez, regardez plus haut : son ultime métamorphose n’est autre que le déploiement. L’enroulé est devenu le déroulé par excellence. Tel est le grand retournement, tel est l’ultime envol. Il a bondi d’un coup au-delà de ses limites physiques, par-delà l’écran du visible. Il est remonté à la Source. Il était un limaçon, où il se croyait dévolu à la poussière, au monde de l’en-bas. Il a filé d’un bond vers le haut. Il a quitté à jamais sa coquille; aussi peut-il tourbillonner. Pour chacun, il n’est d’équilibre qu’au sommet de son être.

 

  

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18-01-2017

Le manteau de Sa Magnificence

 

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Mon Appui pendant les pénuries,  

Mon Secours, 

Mon Aide en temps difficiles, 

Mon Seigneur Omniprésent, 

Protège- moi, 

Aide- moi par ton infini Pouvoir. 

Couvre moi , 

Couvre moi du manteau de Ta Magnificence. 

Tu es Celui qui couvre et découvre, 

Il n’y  a de chaleur sans Toi. 

Couvre moi, 

Couvre moi du manteau de Ta Magnificence. 

Tu es Celui qui couvre et découvre, 

Il n’y  a de chaleur sans Toi. 

« Ya Hayyu, Ya Qayyum, Ô toujours vivant, ô auto-existant. » 

 

Le  temps manquait d’amour. Elle se pencha pour lire. Les arbres eux-mêmes penchent vers la douceur. Un livre qui parle d’éternité. Elle lit et  les mots s’échappent des pages, ils font autour de sa tête une couronne. 

Elle arrête sa lecture. Elle lève la tête. Un parfum frais et fort la surprend, l’enveloppe. Est-ce la rose ? 

Ce parfum, elle le connaît et  il vient de si loin. Elle ouvre grand la fenêtre et regarde au loin. Quand le cœur est épris, les yeux se portent au-delà de l’horizon. L’odeur fraîche de la rose est un présage d’incendie. Seule l’éternité est vivante, se dit-elle. 

Doit-elle l’appeler bien-aimé, celui qui se cache ? 

Tout bas, avec crainte, elle prononce ce nom qui brûle les heures, ce nom qui seul est vivant. 

Elle est ici, son âme est très loin, partie vers la rose qui point ne fane. Elle continue de soigner le jardin, de semer des fleurs rares, de tailler les buissons de roses. Pour célébrer l’amour. Elle était tombée amoureuse de la rose avant de la connaître : son nom, plus aveuglant pour elle que la clarté laiteuse des roses trémières. 

Un parfum de rose fait le fond de cette vie …

Elle ressemblait  à un faucon ramassé sur lui-même et prêt à bondir. Mais les soudards étaient venus, ils avaient brûlé les arbres, enfumé les cavernes. Ceux qui se tenaient à l’intérieur de la citadelle n’avaient que leurs chants, leurs prières, leurs mains posées sur le cœur. Les armes ont massacré le chant. Il n’est resté que ruines et cendres. Le faucon a été poignardé en plein vol. La fumée piquait les yeux des soudards mais leur âme ne sentait rien. 

Elle se noya dans ses larmes, répétant : « Pourquoi tous ces oiseaux brûlés ? … »

Aujourd’hui elle se demande s’il existe quelqu’un pour écouter ce que murmurent les oiseaux. La plupart des hommes, entendant ces chants gracieux, pensent qu’ils sont destinés à réjouir leurs propres oreilles. Elle sait que ces mélodies viennent d’ailleurs et vont plus haut. Mais qui, aujourd’hui, fait confiance à l’oiseau ? 

Peu-être ne fait-on que tomber. L’amour lui-même ouvre un gouffre où l’on ne finit pas de tomber. Qui a dit que l’amour entraînait vers le haut ? 

Couvre- moi du manteau …

Une femme revêtue de soleil …

Ce sera un vêtement ample. À la laine rouge  et aux bordures vertes. Le rouge couleur de sang et de soleil, rouge comme la rose. Le vert de l’éternité. Il serait ni de pourpre ni d’écarlate, mais de lumière, et capable de vêtir une âme. 

« Je vis une nuit quelque chose qui enveloppait les Cieux. C’était une lumière rouge étincelante. Je demandai : Qu’est-ce que cela ? Il me fut dit : C’est le manteau de Magnificence. »  ( Rûzbehân de Shîraz ) 

 

 

 

 

 

 

 

 

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08-01-2017

Cavalier seul

 

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Toute quête chevaleresque a un triple objet : action, amour et connaissance. 

« Je suis obligé, suivant l’ordre de la chevalerie errante, où j’ai fait profession, de vivre toujours en alerte et d’être, sentinelle de moi-même. »   (Don Quichotte )

Cavaliers … ceux qui avancent dans le Réel. Ces derniers sont le plus souvent seuls. La foule ne les écoutent pas, se moque d’eux, leur jette des pierres. Devant eux il y a que l’interminable plaine ou l’immense océan. Celui qui aime n’est jamais seul. Même s’il est renié de tous. Il arpente le désert à la marche comme si c’était un jardin fleuri. 

-Je t’enlèverai, te conduirai au désert, et là, je parlerai à ton cœur, nuit et jour…Ici, il n’y a plus rien, plus que Lui, Il est Tout, il suffit et c’est de Lui seul qu’on vit. On le trouve partout, à la lessive comme à l’oraison. 

Fais connaître la Réalité au faucon de ton âme, rend le digne d’approcher la main du Roi. Afin que lorsque le tambour du retour retentira, du désir ardent qu’il lui inspire il prenne son essor. Quand il aura perdu cœur et âme, il viendra alors se poser sur le poignet du Roi. Mais tant que la tête du faucon est couverte du chaperon comment serait-il digne de la main du Souverain. Quand il se sera initié à la voie et lorsqu’il sera devenu voyant, par la main du Roi son cœur sera vivifié. Le faucon qui aura reçu la distinction découvrira ce qui jusqu’alors l’empêchait d’avancer. Mais si ton faucon s’attarde ici, comment le Roi le rappelait-il auprès de Lui ? Si par contre tu élèves ton faucon dans la dignité, avec dignité, il atteindra la main du Roi. Sinon le Roi lui-même lui donnera sa réponse, quel regret éprouveras-tu alors des paroles du Roi. 

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20-12-2016

Madad

 

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Elles se résument toutes mes cicatrices…. une larme de désir pour toi.

Oui, nous pouvons vivre sans « pourquoi », mais pouvons-nous vivre sans « pour qui » ?

L’amour naît de l’impassibilité de l’espérance.

Frémir …

Lorsque quelqu’un est là, nous effleure, nous approche, il y a un frémissement en nous. Nous nous promenons la nuit … Une aile nous suit … Il y a un frémissement. Et dans ce frémissement, oui, il y a de l’amour. C’est l’expérience devant  le numineux. Terrifiant, parce que nous sommes devant une autre conscience, une autre réalité. Fascinant, parce que c’est à la fois ce qui nous attire le plus et ce qui nous fait peur. L’émerveillement …la fascination, la beauté, l’attirance. 

-Trop de lumière aveugle ? 

Bien sûr, trop de lumière aveugle ! Et là, effectivement c’est le trou noir, c’est le trou blanc … 

C’est le troublant ! … 

Il s’agit alors de se laisser troubler. De se laisser troubler par le troublant. Mais pour cela, il faut s’accepter troué ! 

-Voulez – vous dire qu’il faut s’accepter « rien » pour être « tout » ? 

-Il faut s’accepter « trou » ! 

Regarde ta peau : elle est pleine de trous. Et si vous n’aviez pas de trous, vous ne pourriez pas respirer !

S’accepter comme troué, c’est s’accepter ! Nous n’arrêtons pas de chercher à boucher le trou, à combler notre rien. Alors que ce trou est simplement la place de l’Aimé . 

La vrai question est : comment intégrer l’Infini dans le fini ? 

Le Buisson Ardent … Le Buisson brûlait mais n’était pas consumé ! De même la flamme Infini brûle en nous mais ne consume pas notre humanité, au contraire, elle l’éclair ! 

Eh oui … Dans ce désert, une brise légère, un vent violent, nous trouent, nous vident dans cette vacance. 

Au cœur même de notre vide, notre manque peut se donner à vivre.  

- Où vais-je ? 

- Tu viens de ce Silence d’où vient l’inspir et où retourne l’expir. 

Tu vas là d’où tu viens. Là d’où vient l’inspir, là où va l’expir. Tu vas à ce Silence entre l’inspir et l’expir …

Tu vas là où tu as toujours été …

Ainsi, une ultime fois : Où es-tu ? 

Dis : 

Je suis avec lui. 

J’écoute d’où me vient le souffle et où retourne le souffle. 

Là, tu es. 

 

 

 

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11-12-2016

Pétales rouges- Mawlid al nabi

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  J’étais une colombe, avec un boulet à la patte. Tu m’as délivré du monde,tu as fait voler en éclats le faux ciel des idées, tu as déchiré l’étoile peinte des séductions. 

J’ai des ailes !

Tu as forcé mon cœur. Tu as jeté le rien du monde qui s’y trouvait et tu y as mis l’émeraude de ton amour à la place. 

Tu es dans mon cœur même quand je l’ignore, comme un rosier qui s’enflamme en l’absence du jardinier.

Le rouge de tes pavots monte à mon cœur comme une flamme.

Regardez cette rose qui s’enflamme !Elle s’ouvre dans un ciel qui n’est pas celui des lectures et pas celui du monde, qui est au-delà. Laisser cette fleur s’ouvrir doucement à son rythme  parfumée.

L’amour seul sait la trouver. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11-11-2016

épopée du retour

 

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-Je laisse mon regard errer sur l’horizon : 

Le retour tant espéré, quand viendra-t-il ? 

L’oiseau s’envole pour regagner son nid ; 

Et le renard mourant se tourne vers son gîte. 

Me voici exilé ; 

Comment pourrai-je l’oublier, quel jour, quelle nuit ! …?

- Quand te submerge la nostalgie ,

Repousse – la vers l’horizon extrême. 

Oie sauvage fendant  les nuages, 

Tu portes en toi la morte – saison. 

Rosée gelés, 

Ployés en bas sous l’ouragan, 

Cœur sauvage délivrée des haltes.

Libre enfin de voler,

Entre sol natal et ciel d’accueil.  

Ton royaume unique : ton propre cri ! 

Or, vient le jour, à bout de mémoire. 

Ils rejoignent dans le clair de Lune, le bien-aimé. 

A l’horizon montera la fumée, 

Là où se couche le soleil, 

Cédant la place à la Lune. 

La terre nocturne aspirée par la clarté cristalline. 

 

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23-10-2016

Les ruines

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Depuis des heures, elles avançait entre deux falaises trouées, crevassés, lézardées d’ombres et si 

étincelantes par endroits qu’elle devenaient un éblouissement vertical.  

L’âme est une pierre détachée d’une montagne de lumière.

Ce qu’elle cherchait, était là sous ses yeux ! 

Notre mémoire est courbe, tu as beau fuir ou demeurer figée.

Elle cherchait un abris, grotte ou trou, un asile. Elle se trouva blottit contre un rocher et la mémoire du soleil l’y recouvrit d’un souffle chaud.                                                                                                                                          

Plus de pierre sur le souffle, plus de cendre sur l’âme.

Dunes, creux où elle s’enfonce dans la brûlure du sable. Sol dur avec pierres coupantes, écorchant ses chevilles. Fuir… l’ombre, le repos. Continuer au soleil. Se gaver de feu. 

Retrouver l’instinct des oiseaux. Les oiseaux qui parcourent le ciel, pour éviter le vertige et la chute.

Les oiseaux qui gardent toujours un désir antérieur au monde : le désir en Le Tout. Plumes de désir que pas même le vent ne bouscule. Les oiseaux qui gardent toujours un désir postérieur au monde : le désir de ne plus être mais d’être au-delà. 

Elle se muait peu à peu en un immense oiseau des sables, alourdi de fixité, sans pouvoir prendre son envol. Plus que jamais, elle ressemblait à un oiseau incapable d’envol, mais aussi à  un oiseau migrateur, exsangue de voyage, perdant beaucoup de sang… en ruine, affaibli,à bout de forces… tombé à terre d’épuisement. 

Nous commettons deux erreurs principales : oublier que nous sommes mortels et considérer que notre présence sur Terre est une chose qui coule de source en oubliant La Source. 

-Le désert …

-Pourquoi toujours le désert ? 

Parce qu’au désert, on meurt ou on renaît ! 

là où se trouve le soleil radieux, là où la lampe est retenue prisonnière entre l’existence et la non-

existence. 

Toi qui est eau et qui es terre.

Toi qui est source et cendre. 

Reviens ! 

Tu es une poignée de terre avec un souffle en ce corps, ce corps est comme un talisman et ton âme un trésor. 

Tantôt avec la chouette les ruines tu vas hantée.

Tantôt dans le roc du cœur nous enfoncions des épines.

Tantôt dans la plaine de la vie en victime, tantôt dans la méditation absorbé.

Tantôt avec le faucon de l’âme prenant de l’essor. 

Tantôt vivant, tantôt mort. 

Parfois semant, parfois bredouille. 

 

-Le voyage ne serait – il que cela ? 

Quelle est la fin de l’amour ? 

- L’amour n’a pas de fin puisque le Bien-Aimé n’en a pas non plus. 

 

 

 

 

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