20-03-2017

Chant de Nuit

 

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Apprends-nous nuit

à toucher ton fond

à gagner le non-lieu

Où  sel et gel 

Où source et vent 

Refont un 

 

Au fond de l’orne épais dont l’abris les accueille,

L’oiseau réveillé chante sous la feuille.

L’hymne de volupté fait tressaillir les airs.

Et, sur les bords d’une eau qui gémit et s’écoule,

La colombe de nuit languissamment roucoule.

L’arche de Dieu passa comme un palais errant.

La voyant assiégé par les flots du courant,

Le dernier des enfants de la famille élue

Lui tendit en secret sa main résolue.

Viens. T’exiler du ciel, en Son Seuil,  pour y cacher tes larmes.

Viens. Tu ouvriras ton âme,

Comme l’aube et la lune au couchant reposé

Confondent leurs rayons, ou comme la rosée

Dans une perle seule unit deux de ses pleurs.

Pour s’empreindre du baume exhalé par des fleurs,

Comme un double flambeau réunit ses deux flammes.

Entends- tu le concert qui s’approche et l’honoré

Les chants, leurs paroles pieuses,

De rameaux fleuris parfumant les chemins.

Tes genoux ont tremblés sous le poids des armes;

Ta paupière s’entrouvre à tes premières larmes.

 

Je n’ai point oublié l’encens du sacrifice. 

 

Comme l’encens qui brûle aux rayons du soleil

Se changeant en un feu pur, éclatant et vermeil,

On vit alors du sein de l’urne éblouissante,

S’élever une rose aux lueurs de l’aube matinale

Et la lune, des bois éclairant l’épaisseur.

 

Ses ailes sont d’argent;

Elles soulèvent les contours du céleste tissu.

 

Rose d’indigo 

ou d’émeraude 

Entre brume et lune 

n’es- tu de nuit ? 

Rose au feu d’émeraude 

Centre d’indigo 

 

Une aurore semble naître 

Quand  la lune apparaît, quand ses gerbes d’argent

Font pâlir les lueurs du feu rose et changeant. 

Une flamme 

Errante, est dans mon sang jusqu’au cœur parvenue. 

Ces flambeaux s’allument sous ses pas, 

Et leurs feux clairs la guide et ne la trahissent pas. 

Si ma lèvre s’altère, 

elle vient près du rivage. 

Chercher une coupe dans un profond coquillage, 

L’eau soupire et bouillonne

Sous des bosquets remplis de la senteur des roses ; 

Ces fleurs dont la beauté ne s’ouvre que la nuit, 

Le silence la suit; tout dort profondément; 

L’ombre écoute  avec recueillement.

Les vents des prés, apportent l’ambroisie. 

 

Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l’aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l’automne, tout le Souffle animant l’univers porté par le vol d’oiseaux migrateurs, tout les hauts chants humains montés de vallée de larmes. 

Tout…la nuit, le jour, Te chante !

 

 

 

 

 

 

Publié par suluk dans Non classé | RSS 2.0

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