20-03-2017

Chant de Nuit

 

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Apprends-nous nuit

à toucher ton fond

à gagner le non-lieu

Où  sel et gel 

Où source et vent 

Refont un 

 

Au fond de l’orne épais dont l’abris les accueille,

L’oiseau réveillé chante sous la feuille.

L’hymne de volupté fait tressaillir les airs.

Et, sur les bords d’une eau qui gémit et s’écoule,

La colombe de nuit languissamment roucoule.

L’arche de Dieu passa comme un palais errant.

La voyant assiégé par les flots du courant,

Le dernier des enfants de la famille élue

Lui tendit en secret sa main résolue.

Viens. T’exiler du ciel, en Son Seuil,  pour y cacher tes larmes.

Viens. Tu ouvriras ton âme,

Comme l’aube et la lune au couchant reposé

Confondent leurs rayons, ou comme la rosée

Dans une perle seule unit deux de ses pleurs.

Pour s’empreindre du baume exhalé par des fleurs,

Comme un double flambeau réunit ses deux flammes.

Entends- tu le concert qui s’approche et l’honoré

Les chants, leurs paroles pieuses,

De rameaux fleuris parfumant les chemins.

Tes genoux ont tremblés sous le poids des armes;

Ta paupière s’entrouvre à tes premières larmes.

 

Je n’ai point oublié l’encens du sacrifice. 

 

Comme l’encens qui brûle aux rayons du soleil

Se changeant en un feu pur, éclatant et vermeil,

On vit alors du sein de l’urne éblouissante,

S’élever une rose aux lueurs de l’aube matinale

Et la lune, des bois éclairant l’épaisseur.

 

Ses ailes sont d’argent;

Elles soulèvent les contours du céleste tissu.

 

Rose d’indigo 

ou d’émeraude 

Entre brume et lune 

n’es- tu de nuit ? 

Rose au feu d’émeraude 

Centre d’indigo 

 

Une aurore semble naître 

Quand  la lune apparaît, quand ses gerbes d’argent

Font pâlir les lueurs du feu rose et changeant. 

Une flamme 

Errante, est dans mon sang jusqu’au cœur parvenue. 

Ces flambeaux s’allument sous ses pas, 

Et leurs feux clairs la guide et ne la trahissent pas. 

Si ma lèvre s’altère, 

elle vient près du rivage. 

Chercher une coupe dans un profond coquillage, 

L’eau soupire et bouillonne

Sous des bosquets remplis de la senteur des roses ; 

Ces fleurs dont la beauté ne s’ouvre que la nuit, 

Le silence la suit; tout dort profondément; 

L’ombre écoute  avec recueillement.

Les vents des prés, apportent l’ambroisie. 

 

Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l’aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l’automne, tout le Souffle animant l’univers porté par le vol d’oiseaux migrateurs, tout les hauts chants humains montés de vallée de larmes. 

Tout…la nuit, le jour, Te chante !

 

 

 

 

 

 

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22-02-2017

Somme du colimaçon

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Comme guide j’ai choisi le modeste colimaçon. Ce gentil colimaçon, petite limace à coquille. Offre avec simplicité une première approche de la vie intérieure et du temps qu’elle nécessite : calme, recueillement, effort soutenu et lente progression. Il peut se retirer tout au fond, voire dormir à la mauvaise saison, ou bien se déployer et avancer de son petit pas sans jamais rejeter sa demeure légère. Il sait que le temps est aussi indispensable que la lumière pour croître et pour œuvrer. Il va à son rythme sur son chemin singulier. 

À lui seul il est une leçon de modestie : aussi avancé que se croit le pèlerin dans son parcours, il n’en est qu’à ses premiers pas. Et puis, il y a cette grâce d’être un animal à antennes et d’élever ses yeux bien au-dessus du sol. Du reste, il n’est pas un rampant puisque, tout en adhérent à la terre, il est apte à monter le long des tiges et des branches. Tel l’homme fait d’argile périssable et désireux de se hisser au-dessus de sa condition de terre. Ainsi, sans fracas, sans révolutions spectaculaires, le colimaçon, garde inscrit sur sa coquille le signe de son évolution lente mais certaine.

Lorsque le pèlerin spirituel se met en marche pour le long voyage, il abandonne ses masques et sa carapace, pour aller vers la saison nouvelle, pour devenir printemps. 

Partir à la recherche d’un trésor, un trésor caché, mais qui n’a jamais été perdu; c’est creuser un puits ou désenfouir une source; c’est planter un arbre en prenant tout son temps, puis veiller à sa croissance au fil des jours; c’est commencer une maison par ses fondations, en se gardant des frêles châteaux de sable. C’est monter un à un les barreaux de l’échelle pour cueillir des fruits délicieux ou, plus haut, frôler les nuages, plus haut encore devenir oiseau. C’est gravir une montagne, du moins essayer; c’est labourer une terre avant d’y semer et bien avant de faire les récoltes; ou encore c’est ouvrir une porte avec précaution et non sans un tremblement du cœur, une porte qui donne non sur un espace clos, mais sur l’immensité. 

Le colimaçon n’est pas en permanence retiré au fond de sa coquille, il avance sur les chemins. Il convient de se montrer habile comme le serpent et candide comme la colombe : non pas devenir rusé, mais déjouer les ruses et les embûches qui ne manquent pas sur le chemin, savoir se glisser comme un serpent dans le trou d’un rocher, rester discret, ou pouvoir comme l’oiseau s’envoler et rejoindre à tout instant sa patrie véritable; en aucun cas ne donner prise aux récupérations possibles, mais tel l’éclair filer entre les mailles du filet, telle l’insaisissable lumière…

On comprend que le voyage soit long et qu’il faille pour cela bien mesurer son temps, adopter un pas de colimaçon et se retirer souvent dans une coquille de silence. 

Vis comme sur une montagne : 

Élévation vers un monde supérieur et retrouvailles avec la maison intérieur. Prier, se Rappeler, c’est vivre comme sur une montagne. L’âme qui ne prie pas, ne se rappel pas,  est comme ces oiseaux de basse-cour qui, ayant de grandes ailes, ne savent pas s’en servir. L’ âme qui prie et se rappel, est l’aigle en vole aux ailes déployées. On reconnaît l’arbre à ses fruits. Ceux-ci peuvent être abondants, nourrissants, ou amers voire vénéneux, ou encore inexistants. 

Tout au long du parcours, le voyageur apprend et aussi désapprend.

C’est une quête de longue haleine mais qu’il ne faut pas remettre à plus tard. L’important n’est pas de se presser, mais de ne pas renoncer. 

Cours avec l’étoile …

L’âme est un ciel, qui a pour soleil la l’amour, pour lune la foi, pour étoiles les vertus; ou encore assurément pour soleil la justice ou la charité et pour lune la bienveillance. 

Qu’est devenu notre ami le colimaçon ? 

Certains de ses compagnons ont abandonné le voyage, d’autres se sont laissé écraser par les difficultés du chemin, d’autres encore ont été surpris en route par la mort. Mais lui, obstiné, confiant, il a continué. Il est allé de son petit pas, mais il n’a pas perdu son temps ni gaspillé ses forces. Dressant ses antennes délicates vers le ciel, un jour lui est venue l’audace de quitter le sol familier, de grimper le long d’un arbuste, monter à la verticale d’une montagne …

Levez les yeux, regardez, regardez plus haut : son ultime métamorphose n’est autre que le déploiement. L’enroulé est devenu le déroulé par excellence. Tel est le grand retournement, tel est l’ultime envol. Il a bondi d’un coup au-delà de ses limites physiques, par-delà l’écran du visible. Il est remonté à la Source. Il était un limaçon, où il se croyait dévolu à la poussière, au monde de l’en-bas. Il a filé d’un bond vers le haut. Il a quitté à jamais sa coquille; aussi peut-il tourbillonner. Pour chacun, il n’est d’équilibre qu’au sommet de son être.

 

  

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19-02-2017

Méditations bercées

 

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Le bambou, dont la tige est élancée et les feuilles acérées sont proches des traits de calligraphie. Les sens symboliques qu’il suscite sont multiples.

Quels-sont-ils ? D’abord la droiture et l’élévation, à l’image de cette plante qui s’élance tout droit comme un jet. Un jet toujours vert …l’islam demeure toujours vert. Puis l’idée d’un perpétuel dépassement de soi. En effet, en sa croissance, le bambou ne pousse pas sur une simple ligne continue; il est formé d’une succession de sections, comme autant d’étapes de vie, ou autant de sauts qualitatifs par lesquels il cherche à se dépasser. Une autre vertu encore suggérée par un aspect spécifique du bambou : l’intérieur de celui-ci est creux, plus exactement, il est vide. Avoir le cœur vide signifie, avoir un cœur habité de vacuité, c’est-à- dire un cœur dénué de vanité et de suffisance. La vertu en question, n’est autre que l’humilité. 

A-t-on épuisé là les vertus incarnées par le bambou ? 

On sait que la tige de bambou porte en son extrémité de longues feuilles fines et mobiles. Lorsque passe une brise, elles produisent des sons susurrants et mélodieux. Le sommet du bambou rayonne ainsi d’une qualité : la grâce du recueillement. 

Les étapes de l’élévation du bambou : 

Le bambou va accéder à diverses station, tels l’éveil, le repentir, la méditation ou encore le rappel. Puis au deuxième degré, il vit, et goûte à la tristesse, la crainte et en s’élevant encore trouve les stations de l’auto-évaluation, de la sincérité, de la confiance. Plus haut encore, il y a la patience et la persévérance, la satisfaction, le remerciement, la pudeur, la sincérité, l’humilité. 

Ensuite, une série de stations sont liées à la volonté, la certitude, la pauvreté en Lui, puis à la sagesse, le savoir, le discernement, l’inspiration, la paix. Aux degrés supérieurs, on trouve la soif, le désir spirituel, l’amour et enfin la pureté, la joie, le secret. Aux niveaux les plus élevés,  le bambou est témoin du témoignage, et il expérimente la contraction, l’épanchement-effusion, l’ivresse spirituelle, le lien et la séparation. 

Ici, il atteint les vérités, pour enfin accéder à l’étape ultime, où se vit l’extinction … la libération de son être. Bercé en son sommet, le bambou à purifié son cœur et à trouvé la paix , la félicité et l’amour. 

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18-01-2017

Le manteau de Sa Magnificence

 

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Mon Appui pendant les pénuries,  

Mon Secours, 

Mon Aide en temps difficiles, 

Mon Seigneur Omniprésent, 

Protège- moi, 

Aide- moi par ton infini Pouvoir. 

Couvre moi , 

Couvre moi du manteau de Ta Magnificence. 

Tu es Celui qui couvre et découvre, 

Il n’y  a de chaleur sans Toi. 

Couvre moi, 

Couvre moi du manteau de Ta Magnificence. 

Tu es Celui qui couvre et découvre, 

Il n’y  a de chaleur sans Toi. 

« Ya Hayyu, Ya Qayyum, Ô toujours vivant, ô auto-existant. » 

 

Le  temps manquait d’amour. Elle se pencha pour lire. Les arbres eux-mêmes penchent vers la douceur. Un livre qui parle d’éternité. Elle lit et  les mots s’échappent des pages, ils font autour de sa tête une couronne. 

Elle arrête sa lecture. Elle lève la tête. Un parfum frais et fort la surprend, l’enveloppe. Est-ce la rose ? 

Ce parfum, elle le connaît et  il vient de si loin. Elle ouvre grand la fenêtre et regarde au loin. Quand le cœur est épris, les yeux se portent au-delà de l’horizon. L’odeur fraîche de la rose est un présage d’incendie. Seule l’éternité est vivante, se dit-elle. 

Doit-elle l’appeler bien-aimé, celui qui se cache ? 

Tout bas, avec crainte, elle prononce ce nom qui brûle les heures, ce nom qui seul est vivant. 

Elle est ici, son âme est très loin, partie vers la rose qui point ne fane. Elle continue de soigner le jardin, de semer des fleurs rares, de tailler les buissons de roses. Pour célébrer l’amour. Elle était tombée amoureuse de la rose avant de la connaître : son nom, plus aveuglant pour elle que la clarté laiteuse des roses trémières. 

Un parfum de rose fait le fond de cette vie …

Elle ressemblait  à un faucon ramassé sur lui-même et prêt à bondir. Mais les soudards étaient venus, ils avaient brûlé les arbres, enfumé les cavernes. Ceux qui se tenaient à l’intérieur de la citadelle n’avaient que leurs chants, leurs prières, leurs mains posées sur le cœur. Les armes ont massacré le chant. Il n’est resté que ruines et cendres. Le faucon a été poignardé en plein vol. La fumée piquait les yeux des soudards mais leur âme ne sentait rien. 

Elle se noya dans ses larmes, répétant : « Pourquoi tous ces oiseaux brûlés ? … »

Aujourd’hui elle se demande s’il existe quelqu’un pour écouter ce que murmurent les oiseaux. La plupart des hommes, entendant ces chants gracieux, pensent qu’ils sont destinés à réjouir leurs propres oreilles. Elle sait que ces mélodies viennent d’ailleurs et vont plus haut. Mais qui, aujourd’hui, fait confiance à l’oiseau ? 

Peu-être ne fait-on que tomber. L’amour lui-même ouvre un gouffre où l’on ne finit pas de tomber. Qui a dit que l’amour entraînait vers le haut ? 

Couvre- moi du manteau …

Une femme revêtue de soleil …

Ce sera un vêtement ample. À la laine rouge  et aux bordures vertes. Le rouge couleur de sang et de soleil, rouge comme la rose. Le vert de l’éternité. Il serait ni de pourpre ni d’écarlate, mais de lumière, et capable de vêtir une âme. 

« Je vis une nuit quelque chose qui enveloppait les Cieux. C’était une lumière rouge étincelante. Je demandai : Qu’est-ce que cela ? Il me fut dit : C’est le manteau de Magnificence. »  ( Rûzbehân de Shîraz ) 

 

 

 

 

 

 

 

 

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08-01-2017

Cavalier seul

 

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Toute quête chevaleresque a un triple objet : action, amour et connaissance. 

« Je suis obligé, suivant l’ordre de la chevalerie errante, où j’ai fait profession, de vivre toujours en alerte et d’être, sentinelle de moi-même. »   (Don Quichotte )

Cavaliers … ceux qui avancent dans le Réel. Ces derniers sont le plus souvent seuls. La foule ne les écoutent pas, se moque d’eux, leur jette des pierres. Devant eux il y a que l’interminable plaine ou l’immense océan. Celui qui aime n’est jamais seul. Même s’il est renié de tous. Il arpente le désert à la marche comme si c’était un jardin fleuri. 

-Je t’enlèverai, te conduirai au désert, et là, je parlerai à ton cœur, nuit et jour…Ici, il n’y a plus rien, plus que Lui, Il est Tout, il suffit et c’est de Lui seul qu’on vit. On le trouve partout, à la lessive comme à l’oraison. 

Fais connaître la Réalité au faucon de ton âme, rend le digne d’approcher la main du Roi. Afin que lorsque le tambour du retour retentira, du désir ardent qu’il lui inspire il prenne son essor. Quand il aura perdu cœur et âme, il viendra alors se poser sur le poignet du Roi. Mais tant que la tête du faucon est couverte du chaperon comment serait-il digne de la main du Souverain. Quand il se sera initié à la voie et lorsqu’il sera devenu voyant, par la main du Roi son cœur sera vivifié. Le faucon qui aura reçu la distinction découvrira ce qui jusqu’alors l’empêchait d’avancer. Mais si ton faucon s’attarde ici, comment le Roi le rappelait-il auprès de Lui ? Si par contre tu élèves ton faucon dans la dignité, avec dignité, il atteindra la main du Roi. Sinon le Roi lui-même lui donnera sa réponse, quel regret éprouveras-tu alors des paroles du Roi. 

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27-12-2016

La source

 

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Dans les profondeurs de l’océan, il n’y a pas de vague …

Si un amant a vu son aimé vêtue de bleu, la moindre trace de bleu lui rappelle son bien- aimé. Qu’il mange ou qu’il dorme, son esprit est avec lui.

« Mon cœur est devenu ermite, en l’ermitage de pensée … »

( Charles d’Orléans ) 

 

Aucunes vagues …

Un seul rythme, celui de l’amour à son aurore. Ni lenteur, ni vitesse,  car dans l’amour à son envol il n’y a rien que l’amour. Grand aigle qui plane et fond d’un seul coup. Dans le noble cœur s’abrite l’Amour, comme l’oiseau dans la verdure des bois. Prêter attention au bavardage  des feuilles, à la récitation des sources et aux sentences du vent. Enfoncez-vous plus loin dans la forêt, là où le vent devient noir. Fermez les yeux. Ecoutez ce qui, en vous, est comme une feuille, comme une source, comme un vent. La lumière du jour n’est pas la vraie lumière, la vraie lumière est dans l’obscurité de la nuit.  C’est l’eau qui nous échappe.

-Comment changer notre cœur de pierre en cœur de chair ?

- L’eau vive … des fleuves d’eaux vives …pour les cœurs liquides …

Il fait fondre la glace et rend à l’esprit sa fluidité.

Le fond de l’être est buée : Buée de buée … Tout est buée …

Ne pousse pas la rivière … Elle coule toute seule !

Le fond de l’être est flou .

- Nous n’aimons pas le flou, l’homme a peur du flou … Pourquoi ?

- Pourtant le flou c’est le réel.

Ne reste pas dans une pensée du ou bien c’est noir, ou bien c’est blanc. Ou bien … Ou bien…

L’état amoureux de représente-t-il pas le sommet du flou ?

- Est-ce le sommet ou l’abîme ?… je ne sais pas…

Mais comment le fond de l’être est flou, le fond de notre amour est donc également flou ?

- Une lumière, avec une clarté ne manque pas d’ombre … Le fond, une ombre qu’environne la lumière. Le blanc reste blanc, le noir reste noir; il y a du noir dans le blanc, il y a du blanc dans le noir … Mais il n’y a pas de gris ! 

-Il y a les deux … c’est troublant ! 

- Une flamme … dans la fumée du flou !

Vanité … L’homme humble est celui qui connaît sa buée, mais qui ne  l’impose pas ! 

Buée de buée , tout est buée … 

Ils nagent tous dans les mêmes eaux, mais là où l’un nage, l’autre se noie. 

N’aie pas peur, n’aie pas peur … de ce que nous sommes. On s’habille comme on veut, mais on reste toujours ce que nous sommes … 

N’aie pas peur … N’aie pas peur …

C’est ainsi que petit à petit l’homme retrouve sa dignité. Il se souvient … En fait, le malheur est d’oublier. 

Peu à peu, la Source, rééduque. 

 

Le calme de la nuit 

proche du lever de l’aurore 

hymne sans bruit 

solitude sonore

repos amour le repos qui restaure. 

Qui partagerait mon secret

le brasier de mon cœur ardent ?

C’est une splendeur

à nos yeux invisible 

qui m’a étreint le cœur

et qui me fait errer en ces ruines. 

J’ai dit : je l’aimerai. 

Je mens

je n’y suis pas ! 

Il est seul à m’aimer  :

Il est, je ne suis pas ! 

Je ne suis pas.

Je suis un pur néant 

je ne suis rien. 

Sans Lui 

je n’aurais pas d’existence. 

Mon essence s’élucide 

au point qu’elle n’a plus de lieu. 

Être moi n’a pas de mesure. 

Qu’est – ce que la solitude ? 

Il répondit : 

La solitude est au cœur de celui qui ne se rappelle que son aimé. 

 

Mon Tout

ma Béatitude

Solitude infinie

Immensité où je me perds …

 

« Mourez avant de mourir. »

Toi qui emmènes l’eau vers un lieu éloigné, délivre-moi. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20-12-2016

Madad

 

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Elles se résument toutes mes cicatrices…. une larme de désir pour toi.

Oui, nous pouvons vivre sans « pourquoi », mais pouvons-nous vivre sans « pour qui » ?

L’amour naît de l’impassibilité de l’espérance.

Frémir …

Lorsque quelqu’un est là, nous effleure, nous approche, il y a un frémissement en nous. Nous nous promenons la nuit … Une aile nous suit … Il y a un frémissement. Et dans ce frémissement, oui, il y a de l’amour. C’est l’expérience devant  le numineux. Terrifiant, parce que nous sommes devant une autre conscience, une autre réalité. Fascinant, parce que c’est à la fois ce qui nous attire le plus et ce qui nous fait peur. L’émerveillement …la fascination, la beauté, l’attirance. 

-Trop de lumière aveugle ? 

Bien sûr, trop de lumière aveugle ! Et là, effectivement c’est le trou noir, c’est le trou blanc … 

C’est le troublant ! … 

Il s’agit alors de se laisser troubler. De se laisser troubler par le troublant. Mais pour cela, il faut s’accepter troué ! 

-Voulez – vous dire qu’il faut s’accepter « rien » pour être « tout » ? 

-Il faut s’accepter « trou » ! 

Regarde ta peau : elle est pleine de trous. Et si vous n’aviez pas de trous, vous ne pourriez pas respirer !

S’accepter comme troué, c’est s’accepter ! Nous n’arrêtons pas de chercher à boucher le trou, à combler notre rien. Alors que ce trou est simplement la place de l’Aimé . 

La vrai question est : comment intégrer l’Infini dans le fini ? 

Le Buisson Ardent … Le Buisson brûlait mais n’était pas consumé ! De même la flamme Infini brûle en nous mais ne consume pas notre humanité, au contraire, elle l’éclair ! 

Eh oui … Dans ce désert, une brise légère, un vent violent, nous trouent, nous vident dans cette vacance. 

Au cœur même de notre vide, notre manque peut se donner à vivre.  

- Où vais-je ? 

- Tu viens de ce Silence d’où vient l’inspir et où retourne l’expir. 

Tu vas là d’où tu viens. Là d’où vient l’inspir, là où va l’expir. Tu vas à ce Silence entre l’inspir et l’expir …

Tu vas là où tu as toujours été …

Ainsi, une ultime fois : Où es-tu ? 

Dis : 

Je suis avec lui. 

J’écoute d’où me vient le souffle et où retourne le souffle. 

Là, tu es. 

 

 

 

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11-12-2016

Pétales rouges- Mawlid al nabi

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  J’étais une colombe, avec un boulet à la patte. Tu m’as délivré du monde,tu as fait voler en éclats le faux ciel des idées, tu as déchiré l’étoile peinte des séductions. 

J’ai des ailes !

Tu as forcé mon cœur. Tu as jeté le rien du monde qui s’y trouvait et tu y as mis l’émeraude de ton amour à la place. 

Tu es dans mon cœur même quand je l’ignore, comme un rosier qui s’enflamme en l’absence du jardinier.

Le rouge de tes pavots monte à mon cœur comme une flamme.

Regardez cette rose qui s’enflamme !Elle s’ouvre dans un ciel qui n’est pas celui des lectures et pas celui du monde, qui est au-delà. Laisser cette fleur s’ouvrir doucement à son rythme  parfumée.

L’amour seul sait la trouver. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30-11-2016

Que dois-je être ?

 

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-Que dois-je  être  vague ou barque ? 

Que dois-je être  poisson ou algue ? 

 

- Non ! Cela non ! Cela non ! 

Deviens la mer!

 

-Devenir la mer … ?

 

-Deviens la mer, avec ses vagues et ses barques. 

Deviens la mer, avec ses poissons et ses algues.

Qu’attends tu ? 

Lance-toi à la mer ! 

Sois bougie, voiles, timon, poisson, eau … va aussi loin que tu peux. 

 

-Vertige des marches que je descends,qui mènent au fond de la mer, au fond de l’amour.

Marches humides… Creusées par mon sang.

 À quoi rêvent-ils, les fiancés des eaux profondes, à quelle improbable paix, sous quelle 

lumière d’un soleil mort ? 

 

- Parfum entêté, saveur d’éternité dans ma bouche où l’air ne passe plus que par vagues, que par

flammes, regarde ! 

Si ton œil est ouvert regarde la mer. 

Ce n’est pas le monde que tu vois, le monde est l’écume de la mer. 

Songes-y tout ce monde est illusion. 

Sur la crête d’une vague tu places une mer. 

Sois la mer ! 

Quelle mer constellée de joyaux sublimes, sur lesquels la vase de la corruption ne se pose pas. 

Les paroles coulent pures comme l’eau mais tu as les yeux pleins de terre. 

 

 

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13-11-2016

Entend, je t’appelle.

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Entend mon désir, il n’emmène vers toi, hors de moi, hors de tout. Entend, dans mes ruines, dans 

les pierres de ma chair. Renoues l’alliance, la berceuse de mon sang, la voix de mon sang.

Entend, je t’appelle, j’ai froid, j’ai froid ! Ma main, regarde, elle est sans peau, elle est sans os,

elle continue à te chercher, dans le sable, dans la nuit, sous les ronces, les lames et les verres.

Quand je te verrai, j’arrêterai de mourir comme on arrête de vivre. Mes membres seront noirs et

blancs.

Entend mes mots , ils tremblent, ils frissonnent. Ce qui ne peut danser au bord des lèvres, s’en va

hurler au fond de l’âme. Bien sûr on a beaucoup écrit, beaucoup fait pleuvoir le mot amour sur le

doux papier blanc. Mais écrire n’est pas dire, comme vous le savez.  C’était il y a longtemps.  Une 

pluie de mots, un vrai déluge. Depuis on a cessé. Peu être que, depuis on a compris : pour bien écrire 

le mot amour, il faudrait plus d’encre qu’il y a au monde. 

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